U-Nam : « Depuis l’âge de douze ans, j’ai toujours joué du funk »

Samedi 14 Décembre 2013

Interview. U-Nam est un guitariste français presque inconnu en France. Et pourtant, il fait partie des stars du smooth jazz aux Etats-Unis. Il nous raconte sa carrière, ses rencontres (George Duke, George Benson, Wah Wah Watson…) et nous présente « C’est le Funk », le premier extrait de son prochain album. L’occasion aussi de parler des promoteurs et des radios jazz en France qui snobent le smooth jazz ou de comparer les « guitar heroes » du rock, Van Halen notamment, aux guitaristes R&B.


Vous avez commencé votre carrière musicale en France avant de vous installer aux Etats-Unis en 2007. Pourquoi être parti là-bas ?

Et bien, j’ai eu une longue carrière en France dans un premier temps. J’ai commencé comme musicien de session à l’âge de 17 ans puis je suis devenu compositeur, producteur et remixeur pendant plus de 15 ans. J’ai travaillé pour des majors en France et des artistes de premier plan comme Ophélie Winter, MC Solar, Organiz’, pour les émissions Star Academy et PopStars, pour Barry White, Kool & the Gang, Honeyz et beaucoup d’autres. Et puis j’ai pensé que ce que j’écrivais et produisais pour des labels et les artistes avec lesquels je travaillais était un peu restrictif et assez limité alors j’ai commencé à écrire et à produire des chansons pour moi et c’est ainsi qu’est né mon premier album, The Past Builds the Future, qui contenait de tout, du jazz fusion au hip hop en passant par le RnB, la soul et le smooth jazz.

Cet album a une longue histoire. J’avais signé avec la plus grosse boite de management dans le domaine du smooth jazz à Los Angeles et je devais signer un contrat avec un important label américain mais ça ne s’est pas fait alors j’ai dû tout recommencer. J’ai finalement signé pour un label britannique qui m’a ensuite fait signer un contrat avec un label américain qui appartenait à Sony. Nous avons obtenu un certain succès mais l’album n’était pas du tout formaté smooth jazz alors, quand le moment est venu de travailler à mon deuxième album, j’ai rectifié le tir et j’ai composé et produit des chansons plus adaptées aux radios qui diffusent du smooth jazz. Et la dernière chanson que j’ai enregistrée pour cet album est devenue le premier single. Il s’agissait d’une reprise du « Street Life » des Crusaders qui, très vite, a été beaucoup diffusée par les radios américaines. J’habitais toujours à Paris à ce moment-là alors je n’ai pas bien réalisé l’ampleur que cela prenait mais mon label a commencé à recevoir des offres pour participer à des festivals, des demandes d’interview de radios, etc...

Deux ou trois mois après la sortie du single, j’ai tourné à travers les États-Unis, de la côte ouest à la côte est. « Street Life » a fini par devenir un énorme hit. Il a atteint la 3e place du Billboard aux États-Unis et il est resté dans le top 10 durant une année entière. C’est devenu un classique qui est toujours diffusé aujourd’hui et que l’on peut entendre chaque jour sur certaines des plus grandes radios américaines comme 94.7 The Waves à Los Angeles.
Il était donc devenu légitime pour moi de m’installer aux États-Unis, ce qui était mon rêve depuis toujours, puisque qu’il semblait qu’il y avait une place pour moi et ma musique là-bas. J’ai donc tenté ma chance, pris le risque de partir et je dois dire qu’il m’est arrivé tant de choses géniales et d’expériences incroyables que si c’était à refaire, je recommencerais.

Los Angeles, c’est l’endroit où tous les grands albums R&B qui vous ont inspiré ont été enregistrés dans les années 70-80. Avez-vous retrouvé là-bas l’esprit de cette époque ?

Et bien, j’ai commencé à faire l’aller-retour entre Los Angeles et Paris en 2003, cinq ans avant que je parte m’installer là-bas pour de bon, et cette atmosphère était encore présente. Désormais, elle a un peu disparu mais c’est ici que l’histoire s’est faite et on peut encore le sentir, simplement en conduisant dans certains endroits ou en rencontrant certaines personnes. Par exemple, mon album live préféré, Weekend in L.A. de George Benson, a été enregistré au Roxy’s sur Sunset Boulevard et ce club existe toujours. Et je pourrais citer beaucoup d’autres exemples de ce genre mais la liste serait trop longue. Mais vous savez, la plupart des artistes R&B, les producteurs comme les musiciens, vivent toujours ici et vous les rencontrez souvent lors de festivals ou d’évènements. Le meilleur exemple est le Namm show qui est la plus grande convention musicale du monde. Elle dure quatre jours et ce sont quatre jours de folie. Vous pouvez y croiser Quincy Jones, Stevie Wonder, George Benson, Teddy Riley, Marcus Miller et la liste est sans fin. Ils sont là, juste pour rencontrer des gens, tester les nouveaux équipements, élargir un peu leur réseau… Et tout cela parce qu’ils habitent tous là. Je n’ai jamais vu l’un d’entre eux au Salon de la musique en France ou même à Francfort. Donc finalement, toute la magie n’a pas disparu, elle est toujours là.

Vous avez enregistré vos premiers albums avec des musiciens chevronnés comme Jeff Lorber, Michael White ou Paulinho Da Costa. Quelle impression ça fait d’avoir de tels musiciens qui jouent sur vos disques ?

C’est un vrai cadeau du ciel. Ces musiciens, je les ai admirés, j’étais fan. Michael White est mon batteur funk préféré. Il a été le batteur de Maze et de Frankie Beverly depuis le début. Live in New Orleans, c’est lui. Live in Los Angeles, c’est encore lui. Il est derrière tous les hits de Maze. Et ensuite, il a joué sur les disques de tout le monde, de Whitney Houston à George Benson avec qui il a enregistré et tourné pendant de nombreuses années. C’est vraiment incroyable parce que tous ces musiciens sont devenus mes amis. J’ai souvent été invité chez Mike et il a joué sur trois de mes albums, mais il a aussi fait appel à moi lors d’un grand concert où j’étais son invité avec Phil Perry et Oleta Adams.

Tout ce que je peux dire sur Paulinho, c’est que c’est une légende. Un homme super sympa et très humble. C’était magique qu’il vienne jouer sur mon album et il lui a apporté une touche de magie avec toutes ces ambiances qu’il a créées avec ses percussions qui ont enrichi ma musique et l’ont élevée à un autre niveau.

Pour Jeff Lorber, c’est une longue histoire puisqu’il a joué sur mes deux premiers albums. La première fois, il est venu dans mon studio d’enregistrement à Paris. Nous avons passé trois jours à composer, produire et discuter. Au fil des années, j’ai joué plusieurs fois avec lui lors de festivals ou de jam sessions. Il a aussi joué du Fender Rhodes sur « Street Life », ce que peu de gens savent.

Je sais que vous avez aussi travaillé avec le regretté George Duke. Pouvez-vous me parler de cette expérience ?

George me manque beaucoup. Je n’arrivais pas à croire qu’il nous avait quittés. Un matin, ma femme a lu quelque chose sur Facebook ou peut-être qu’il s’agissait d’une info qu’elle avait reçu par email et elle m’a annoncé la mort de George Duke. Je n’arrivais pas à le croire. J’ai contacté deux amis qui étaient très proche de George pour m’assurer que c’était vrai et malheureusement, ça l’était. J’étais très ami avec sa femme Corinne qui est morte un an plus tôt et j’étais déjà très triste à cause de cela. George et elle faisaient partie des gens les plus gentils que j’ai rencontrés. George était le plus adorable des hommes.

Je dois vous raconter toute l’histoire. Cela remonte à 2008. J’étais à l’affiche de la Dave Koz Cruise et, durant l’une des séances d’autographe qui réunissait la plupart des artistes présents sur le bateau, nous étions tous assis derrière une longue table et il y avait plein de gens qui faisaient la queue pour avoir des autographes. Et à un moment, quelqu’un s’est approché de moi par derrière et m’a tapé sur l’épaule. Ce ne pouvait être que quelqu’un d’autorisé à se trouver avec les musiciens. Je me suis retourné et une femme m’a abordé en me tendant une affiche. Elle m’a dit « Tu ne me connais pas mais je suis la femme de George Duke. George voudrait que tu lui signes l’affiche de la croisière. Tu ne le sais pas mais nous avons assisté à ton concert hier et nous l’avons adoré ». Ça m’a laissé sans voix. Alors bien évidemment j’ai signé l’affiche. Et deux ans plus tard, lors d’une autre croisière, je faisais la queue dans la file d’enregistrement des passagers et George Duke était là lui aussi. J’ai commencé à parler avec lui et je lui ai dit que j’étais un grand fan et puis aussi que j’avais repris une de ses chansons intitulée « Shine On », l’année précédente, sur mon album UNANIMITY. Et alors il m’a dit « Je sais. Paul Jackson Jr. me l’a dit et je l’ai acheté sur iTunes ». Puis il a ajouté « Merci d’avoir fait ça. Je ne joue plus cette chanson désormais ». Une fois de plus je suis resté sans voix. Plus tard, durant la croisière, nous nous sommes croisés à plusieurs reprises et, à un moment, je lui ai demandé si ça l’intéresserait de jouer sur l’album hommage à George Benson sur lequel j’avais commencé à travailler et il m’a dit « Oui, passe-moi un coup de fil ». Et quelques mois après, je l’ai fait.

J’étais un peu anxieux mais j’avais tort. Nous avons programmé une session d’enregistrement à son studio, je m’y suis présenté et, une fois de plus, il a vraiment été adorable. Il m’a demandé ce que je voulais qu’il joue. La session a été incroyable. Il me demandait si j’aimais ceci ou cela, ce que je souhaitais, et ensuite, en revenant à la maison, je me suis dit « Mince, on aurait dû prendre plus de photos et faire une petite vidéo ». Alors je l’ai rappelé pour le lui dire et il m’a dit « pas de problème, revient demain ». C’est ce que j’ai fait et nous avons passé pas mal de temps à faire les photos et la vidéo et vous pouvez voir tout ça sur le documentaire du kit de presse que j’ai fait pour le George Benson Tribute Album. Il est en ligne sur ma chaîne YouTube.

C’est un véritable honneur que George Duke m’a fait en acceptant de jouer du Fender Rhodes et un solo de synthé sur « This Masquerade ». C’est aussi un honneur de l’avoir rencontré et d’avoir été l’ami de quelqu’un de si gentil, et bien sûr d’une telle légende de la musique. Repose en paix mon ami. Au moins Corinne et toi êtes ensemble maintenant.

Parlons maintenant de cet album hommage à George Benson, un musicien qui a influencé votre musique et votre jeu de guitare d’une façon évidente. Sentiez-vous que c’était quelque chose que vous deviez faire ? Et quelle a été la réaction de George Benson ?

C’est une bonne question et j’ai une petite histoire à ce sujet. George Benson et moi sommes amis depuis un petit moment et j’ai vraiment beaucoup de respect pour sa musique. J’ai aussi beaucoup de respect pour lui en tant que personne car c’est vraiment quelqu’un de très gentil. Quand on se retrouve on parle un peu de tout parce qu’on s’entend vraiment bien et c’est très sympa. Il aime beaucoup ce que je fais aussi. Et je suis arrivé à un moment de ma vie où j’ai ressenti le besoin de faire cet album pour moi-même tout en sachant que certaines personnes pourraient l’aimer ou ne pas l’aimer. Alors je me suis dit que je devais d’abord appeler George parce que j’avais besoin de sa bénédiction, et que si je ne l’obtenais pas, il était hors de question que je le fasse.

Je l’ai donc appelé, il y a environ deux ans de cela, et je lui ai dit « Je vais commencer un album hommage à George Benson et avant que je commence à enregistrer quoi que ce soit, j’ai besoin d’avoir ta bénédiction ». Je ne m’attendais pas à cette réponse mais il m’a dit « Écoute mon vieux, pas de problème, tu as ma bénédiction et je sais que quoi que tu fasses, ce sera fantastique ». Voilà exactement ce qu’il m’a dit ! Ouah, j’étais tellement soulagé et tellement content.

Ce que je veux que les gens sachent, c’est que parfois on a l’impression qu’il suffit de choisir quelques hits et de les mettre sur l’album. Ce n’est pas du tout ainsi que cet album a été fait. Pour moi, c’était vraiment important de respecter la musique de George et la façon dont il l’a jouée tout en apportant ma touche personnelle à ses chefs d’œuvres. C’est pour cette raison que j’ai choisi de jouer certaines chansons et que j’ai choisi les musiciens qu’il fallait. Il y a beaucoup de personnes que je n’ai pas appelées pour faire cet album mais ce n’est pas parce qu’ils n’étaient pas bons. Beaucoup de monde voulait apparaître sur cet album mais je n’ai pris que certains d’entre eux parce que j’avais besoin de gens qui savaient comment jouer cette musique. Cela n’a rien à voir avec la façon de jouer. Ce doit être quelque chose qui vient du cœur et de l’âme. Et comme je l’ai dit, parce que j’avais le plus grand respect pour George, c’était le plus important pour moi. J’ai même inclus, sur certaines chansons, le parties de guitares originales de George comme par exemple son solo de guitare sur « Give Me the Night » et quelques passages sur « On Broadway ». Pour moi, cela fait tellement partie intégrante de la chanson, qu’il fallait le mettre à tout prix. « Give Me the Night » a été maintes fois reprise mais personne ne l’avait jamais fait en y incluant les solos originaux de George et si vous ne les incluez pas, alors je pense que ce n’est pas le vrai « Give Me the Night ».

George a adoré. Il était vraiment content du disque. Il était même très très excité. Il en parlait à tout le monde (rire). Il a même écrit le texte sur le livret du disque. En voici un extrait : « … l’homme connu sous le nom de U-Nam, est destiné à devenir l’un des musiciens les plus controversés et sa musique vous redonnera goût à la guitare. Ce projet monumental inclut quelques un de mes amis les plus célèbres qui font partie des musiciens les plus connus de notre époque. C’est un honneur pour moi d’être au centre du projet de cette nouvelle star de la guitare et de la musique. Il s’agit d’un projet FANTASTIQUE… » George Benson, vainqueur de 10 Grammy Awards et NAE Jazz Legend.


La fusion et le smooth jazz ne sont pas très appréciés des puristes du jazz qui estiment que cette musique manque d’authenticité et l’accusent de compromission commerciale. C’est notamment le cas en France où l’on n’entend pas ce genre de musique sur les radios jazz…

Et bien, pour être honnête, vous avez raison et c’est bien triste. Les quelques stations de radio jazz en France ne diffusent que ce qu’elles estiment devoir diffuser même si ce n’est pas toujours une musique de très bonne qualité. Et puis elles ne sont pas au courant de tous ces trucs géniaux qu’on entend ici et c’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai quitté la France pour les Etats-Unis. Parce que ma musique ne peut pas être plus authentique qu’elle l’est. J’y mets tout mon cœur et toute mon âme et en termes de technique musicale, le niveau est très élevé. En quoi serait-ce interdit de composer une bonne chanson, avec un joli groove, une belle mélodie et une super production ? Est-ce que cela nuit à la qualité et à l’improvisation ? Bien sûr que non. D’ailleurs, de grands maîtres du jazz tels que Miles Davis, Herbie Hancock, George Benson, Marcus Miller ou encore David Sanborn l’ont fait et ont obtenu un grand succès commercial. Je pense que le problème vient de la mentalité européenne, et les promoteurs de concerts de jazz en Europe pensent un peu comme ça mais vous savez, les gens, le public, tout ceux qui vont aux concerts et achètent les disques ne pensent pas de cette façon, et j’ai de plus en plus de fans en France…

Vous m’avez parlé de ces croisières musicales, un concept très populaire aux Etats-Unis. Pouvez-vous m’expliquer un peu comment cela fonctionne ?


C’est la chose la amusante et la plus géniale qui soit, en particulier pour les voyageurs car il y a beaucoup de concerts, de musique. Tous les jours et pendant toute la journée. Les voyageurs qui sont « coincés » sur le bateau pendant une semaine peuvent passer du temps et discuter avec leurs artistes favoris. A part si vous restez enfermé dans votre cabine pendant tout le voyage (je connais quelques artistes qui ont fait ça), c’est très amical, vous rencontrez et vous parlez avec tout le monde et les gens sont très excités parce que ce sont des fans et qu’ils sont là pour la musique. Il y a aussi beaucoup de « jam sessions », ce qui vous donne l’occasion de voir beaucoup d’artistes jouer ensemble. C’est quelque chose qui est devenu rare. Et puis, pour nous, artistes, c’est l’occasion de rencontrer d’autres artistes, de passer un moment ensemble, par exemple dans le restaurant qui nous est réservé.

Dans l’imagerie populaire, le « guitar hero » est un guitariste de hard rock. Pensez-vous que les guitaristes de R&B sont des musiciens sous-estimés ?

Oui. Dans le monde entier, le concept de « guitar hero » est rattaché au rock, c’est certain. En ce qui me concerne, je vois les choses un peu différemment. Le « guitar hero » se doit d’avoir une excellente technique et la plupart de ces guitaristes de rock ont une excellente technique, ils sont bluffant, mais la plupart d’entre eux n’improvisent pas. La chose la plus difficile dans la musique, c’est d’improviser un solo qui va toucher les gens et qui sera aussi techniquement impressionnant.

Mais, pour en revenir aux guitaristes R&B, c’est très différents car la plupart d’entre eux ne jouent pas vraiment de solo et certains n’en sont pas du tout capables. Prenons quelqu’un comme Wah Wah Watson qui est une vraie légende. Il a son propre style, il a influencé beaucoup de monde, joué sur un nombre incalculable de hits (Motown, Barry White, Herbie Hancock, Maxwell). Quelle influence il a eu ! Il ne sait pas jouer de solo mais c’est le maître du groove.

Je vais vous raconter une anecdote. J’étais avec lui, dans son studio à L.A., il y a plusieurs années, pour discuter et « jammer ». Il m’a laissé jouer avec la légendaire Gibson L5 qu’il a utilisé sur tous ces hits… Et puis nous avons discuté et il m’a dit « tu vois, je n’ai pas ton talent, je ne sais pas faire tous ces trucs dingues que tu fais, etc… mais regarde ». Il a pris la guitare et il a joué le groove le plus funky que j’ai jamais entendu. J’ai pensé « Ouah ! ». Alors oui, d’une certaine façon, certains guitaristes R&B sont sous-estimés mais vous savez, pour ça comme pour toutes les autres choses de la vie, je ne compare pas. J’apprécie et je juge chaque personne séparément car nous sommes tous différents.

Je sais que vous aimez le heavy metal aussi. Que pensez-vous des albums instrumentaux des guitaristes de ce genre musical ? Enregistrerez-vous un disque de ce genre un jour ?

En fait, je préfère parler de rock FM et de hard rock ou de métal mélodique. Quand j’avais 15 ans, j’avais plein d’albums de guitaristes, tous ces virtuoses, mais je préfère les bonnes chansons et les bons chanteurs. Quel que soit le genre musical, je n’aime pas la virtuosité si elle ne s’accompagne pas de bonnes compositions, d’une bonne mélodie et d’émotions. Il doit y avoir un sens, c’est pour cela que j’aime tant George Benson. Regardez ses instrumentaux, ils ont de super mélodies, de super grooves, et il est capable de jouer des parties de guitares vraiment impressionnantes mais tout cela dans un contexte agréable car finalement ce qui compte le plus dans la musique, ce sont les émotions et pas simplement les notes.

C’est pour cela que, si l’on en revient au rock, j’ai toujours adoré Van Halen. C’est l’exemple parfait. Des super chansons, des super grooves, des solos enflammés mais pas juste des chansons construites autour de solos enflammés comme le font la plupart des guitaristes. Eddie Van Halen est phénoménal. Il a les émotions, le jeu de guitare, un grand sens du rythme, et devinez quoi, il n’a jamais sorti d’albums instrumentaux.

J’aime aussi beaucoup Foreigner, Pat Benatar, Def Leppard, ACDC… et pour conclure je voudrais mentionner un guitariste qui a fait beaucoup d’album instrumentaux, dont certains sont très bons et, pour moi, ce type est le meilleur guitariste de heavy metal car c’est le seul, avec peut-être Van Halen, qui vous donne l’impression de jouer d’une manière naturelle. Je veux parler d’Yngwie J. Malsteen. Je l’adore. Et pour répondre à votre question, non, je ne ferai jamais d’album de heavy metal. J’aimerais bien faire un album pop/rock plus dans le genre de ce que fait Foreigner, quelque chose un peu soul, et en fait, c’est ce que j’ai essayé de faire avec « Love’s No Distance », le premier single de NiVO DEUX.

Quand j’ai entendu votre nouveau single « C’est le funk », enregistré avec la saxophoniste NiVO DEUX, je me suis dit que vous aviez réussi à digérer toutes vos influences musicales pour produire quelque chose de vraiment personnel. Avez-vous ressenti cela aussi ?


Et bien c’est drôle car en fait « C’est le funk » est quelque chose que j’ai toujours fait. Je veux dire par là que je joue du funk depuis toujours et c’était un peu comme faire quelque chose que je connais par cœur, sans faire d’effort. C’est juste que je n’avais encore jamais eu l’occasion de faire quelque chose comme ça. Donc je ne dirais pas que c’est quelque chose de nouveau, je dirais plutôt que ce qui est nouveau, c’est que j’ai eu la possibilité de faire quelque chose comme ça. (Sourire)

Depuis l’âge de douze ans, j’ai toujours joué du funk. C’est la musique avec laquelle j’ai grandi, la musique que j’ai commencé à écouter puis que j’ai étudié. Je me souviens du temps où tout le monde essayait de faire du jazz à l’école de musique où j’ai étudié. J’étais le seul, quand j’avais quinze ans, à essayer de jouer des grooves funky. Je me suis exercé pendant des heures sur les disques de Chic, de James Brown, des productions Motown des années 70, de Michael Jackson, d’Earth, Wind & Fire, de Kool & the Gang. Et ensuite j’ai joué dans quelques groupes funk donc c’est quelque chose de très naturel pour moi.

« C’est le Funk » est vraiment très funky. Est-ce la première chanson d’un album à venir, plus funk que les précédents ?

Merci ! Oui, c’est le premier single du nouvel album qui sortira bientôt et qui s’intitulera C’est le Funk. Et effectivement, il aura une orientation plus funk mais il aura aussi une forte influence smooth jazz… Je préfèrerais faire un album complètement funk mais je dois aussi faire plaisir à mes fans qui aiment le smooth jazz. J’essaye donc de faire plaisir à tout le monde sur ce nouvel album. Ça ne sera peut-être pas facile mais j’espère que tout le monde l’appréciera. Je suis très excité par ce nouveau disque. J’ai fini de composer la plupart des chansons et j’en ai déjà enregistré la moitié. Je suis impatient de le faire découvrir.

Avez-vous l’intention de jouer en Europe et plus particulièrement en France prochainement ?

Rien de confirmé encore mais il se peut que je fasse deux concerts en avril. Je suis aussi en pourparlers pour participer à un spectacle. Une tournée funk avec différents groupes et artistes comme B.T. Express, Brass Construction, Sister Sledge et d’autres encore. Espérons que ça se fasse l’année prochaine. J’aimerais vraiment que ça se fasse car ça devrait être très amusant et très funk. Sinon, pour le moment, je continue à faire pas mal de concerts aux Etats-Unis. Je vous tiendrai informés. Merci, Boris, de m’avoir donné l’opportunité de m’exprimer sur votre site web et pour ces questions très intéressantes.



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Boris Plantier