Tower of Power : « Notre musique est tout aussi contemporaine que celle des autres »

Dimanche 25 Mai 2014

Interview. Le mardi 4 novembre 2014, Tower of Power sera en concert au Trianon pour le plus grand bonheur des fans de musique soul/funk parisiens. Emilio Castillo, leader et membre fondateur du groupe, a eu la gentillesse de nous accorder un entretien.


Choisir la musique soul, c’était une évidence lorsque vous avez commencé la musique ?

La musique soul était vraiment le truc à la mode dans la East Bay à l’époque où j’allais au lycée. Il y avait là-bas des groupes soul de très grande qualité au sein desquels nous avons pu faire nos armes.

La Bay Area était surtout fameuse pour sa scène rock psychédélique dans les années 60. C’était aussi un bon endroit pour la musique soul ?

Quand le psychédélisme a commencé à être à la mode, nous étions déjà complètement immergés dans la musique soul. Nous n’avons pas vraiment éprouvé le besoin de rejoindre la scène du Fillmore avant la fin de l’année 1968 et même à ce moment-là, nous avions à cœur de jouer de la musique soul. Nous étions un groupe de soul avant tout.

Tower of Power a toujours revendiqué son appartenance à Oakland. Vu de Paris, Oakland est juste une ville de la banlieue de San Francisco. Qu’a-t-elle de spéciale ?

Et bien, d’une part, Oakland était plus une ville d’ouvriers et c’était de là que nous habitions. La musique soul et de nombreux artistes soul tels que Sly, Freddie Hugues, the Spyders, Faye Carrol…étaient aussi basés dans le coin. San Francisco était juste de l’autre côté du pont et nous y allions pour jouer dans des clubs comme le Dragon a Go Go qui était un club de musique soul, mais la ville de San Francisco nous semblait être un autre monde malgré sa proximité. Nous jouions dans toute la Bay Area, principalement dans des clubs où les gens venaient pour danser.

De quel album de Tower of Power êtes-vous le plus fier ?

Mon album préféré a toujours été Urban Renewal. Il m’a toujours semblé profondément soul et les compositions aussi bien que la production, les arrangements de cuivres, les vocaux…font partie de ce que nous avons fait de mieux.

Tower of Power est resté silencieux durant les années 80. Que pensez-vous de la musique de cette décennie ?

Les années 80 ont été un moment difficile pour nous et je ne suis pas fan de la musique des années 80 même si l’on retrouve dans chaque époque des trucs vraiment super et aussi pas mal de conneries.

Vous avez fait un super boulot aux côtés de Huey Lewis & the News sur scène et sur les albums Fore! et Small World. Quels souvenirs gardez-vous de cette collaboration ?

Le groupe de Huey était excellent et nous nous entendions parfaitement d’un point de vu musical. Nous lui devons beaucoup car il nous a aidés à relancer notre carrière.

La section cuivre de Tower of Power était l’une des sections cuivre les plus demandées avec celle de Seawind. Vous connaissiez-vous ? Comment compareriez-vous vos sections cuivre ?

Lorsque j’ai rencontré Seawind pour la première fois, c’était à Honolulu et le groupe s’appelait Ox. Ils ont toujours été un super groupe avec une section cuivre terrible. Je les ai vu de temps à autres au fil des années et ils se sont toujours montrés très sympas. Jerry Hey est un arrangeur extrêmement talentueux avec un style que je qualifierais d’un peu plus trépidant que le nôtre et très facilement reconnaissable. Notre style à nous est plus puissant et grandiloquent et très reconnaissable lui-aussi. Je vous remercie de nous comparer à eux car ils ont une excellente section cuivre.

Ray Greene est la nouvelle voix de Tower of Power. Comment l’avez-vous trouvé ?

J’ai entendu parlé de Ray Greene par un ami musicien et dès que je l’ai entendu chanté, j’ai été très intéressé. Je pense qu’il va devenir l’un de nos tout meilleurs chanteurs.

Vous êtes parvenu à rajeunir votre audience sans pour autant vous compromettre dans un R&B contemporain. Comment expliquez-vous ce tour de force ?

« R&B contemporain », je ne pense jamais en ces termes. Je compose et je produis de la musique soul avec mon propre style sans me soucier des conséquences. Je pense que notre musique est tout aussi contemporaine que celle des autres. Les gens ont tendance à vouloir mettre des étiquettes sur la musique mais je ne pense pas de cette façon. Pour moi, il s’agit toujours de musique. La popularité d’un artiste semble aller par vagues mais je pense qu’en fait, plus votre carrière est longue, plus le nombre de vos fans a de chance de grandir. Et puis, le fait que nous soyons passionnés par notre musique est devenu de notoriété publique et les gens semblent sensibles à cela.

Pouvez-vous m’en dire plus sur votre futur concert parisien ? La setlist couvrira-t-elle l’ensemble de votre carrière ?

Je suis sûr que nous parviendrons à satisfaire tout le monde mais pour être franc, je me concentre uniquement sur le concert du jour. Je ne panifie pas les choses si longtemps à l’avance. Dans des endroits comme Paris et dans tout le reste de l’Europe, on fait vraiment comme on l'entend et les fans réagissent toujours très bien à cela. J’ai trois sets de 90 minutes que je fais tourner chaque soir de manière à ce que cela demeure intéressant pour nous.


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Boris Plantier