Toto

Dimanche 14 Octobre 2007

Avec ses hits légendaires « Rosanna » et « Africa », Toto fut le groupe de l’année 1982-83. Mais Toto, c’est aussi un son, une vision du rock, qui dominèrent la fin des années 70 et toutes les années 80 grâce à l’omniprésence des membres du groupe sur la scène musicale US. Et si l’Amérique semble désormais bouder ce groupe, le public européen et japonais lui est, en revanche, resté fidèle.


Toto
A Los Angeles à la fin des années 70, le batteur Jeff Porcaro et le claviériste David Paich, deux musiciens de studio, forment le groupe Toto avec le guitariste Steve Lukather, le bassiste David Hungate, le claviériste Steve Porcaro (frère de Jeff) et le chanteur Bobby Kimball. Le groupe sort son premier album, Toto, en 1978. Le rock extrêmement mélodique de ce groupe de musiciens surdoués séduit d'emblée le public qui craque pour « Hold The Line » (#5), « I'll Supply The Love » (#45), « Georgy Porgy » (#48) ou encore l'instrumental « Child's Anthem » que Toto utilise souvent comme ouverture pour ses concerts. L'album entre dans le Top 10 et se vend à deux millions d'exemplaires !

La voie royale du succès semble s'ouvrir devant Toto, dont les musiciens sont sollicités par des producteurs de la pop, du rock et de la soul/funk. Pourtant les deux albums qui suivent ne rencontrent pas le succès escompté. Les ventes de Hydra (1979) et de son single « 99 » (# 26) déçoivent tout comme celles de l'album Turn Back (1981). Ces contre-performances commerciales ont de quoi surprendre car ces albums sont de grande qualité. Il en est de même pour l'album suivant qui connait, lui, un triomphe mondial. Toto IV (1982) se vend par millions tout comme ses deux principaux singles « Rosanna » (#2) et « Africa » (#1). Cerise sur le gâteau, Toto est également plébiscité par ses pairs. Cette année-là, le groupe remporte pas moins de 6 Grammy Awards dont ceux du meilleur single et du meilleur album. On ne pouvait pas faire mieux. Les musiciens déjà très demandés, croulent alors sous les propositions. Ils accompagneront notamment Lionel Richie sur Can't Slow Down, Michael Jackson sur Thriller et toutes les stars US sur « We Are The World » (# 1). Ils enregistreront aussi la bande son du film de David Lynch Dune.

Au sommet de sa popularité, Toto va pourtant redescendre rapidement de son pied d'estale. Le groupe a vraisemblablement souffert de l'éparpillement de ses membres sur de nombreux projets sans doute très lucratifs mais pas toujours très intéressants musicalement parlant. Sans compter les départs de David Hungate remplacé par Mike Porcaro et surtout de Bobby Kimball remplacé par Fergie Fredericksen. Les ventes de Isolation (1984) et du single « Stranger In Town » (#30) sont sans rapport avec celles de Toto IV. Fredericksen, pas forcement responsable, en fera les frais et sera remplacé par Joseph Williams, le meilleur chanteur qu'ait connu le groupe. Le charisme de la voix de Williams (fils de l'illustre compositeur de musiques de films John Williams) n'est cependant pas suffisant pour que Toto retrouve les sommets mais il permet au groupe d'offrir à ses fans deux très bons albums : Fahrenheit (1986) et sa ballade « I'll Be Over You » (#11) puis The Seventh One (1987) et ses singles « Pamela » (# 22) et « Stop Loving You ». Ce dernier album est le meilleur du groupe avec Toto et Toto IV. Un dernier sommet artistique avant le chaos.

Après Steve Porcaro qui part juste avant The Seventh One, c'est Joseph Williams qui quitte le navire. Toto ne s'en remettra jamais vraiment. Le groupe tourne et enregistre quelques nouvelles chansons (« Love Has The Power » notamment) pour la compilation Past To Present 1977-1990 (1990) avec un chanteur qui ne leur convient pas : Jean-Michel Byron. Après cette mésaventure, le groupe décide d'abandonner le son west-coast de ses débuts pour un rock plus fougueux et se passe de chanteur, Steve Lukather, devenu un guitar hero, s'octroyant les parties vocales. Le premier album de ce renouveau, qui s'intitule Kingdom Of Desire (1992), est endeuillé par la mort de Jeff Porcaro, l'indispensable batteur du groupe, considéré par beaucoup comme le meilleur au monde. Totalement ignoré outre-Atlantique, l'album connait un joli succès en Europe et au Japon grâce au single « Don't Chain My Heart ». Le groupe recrute Simon Phillips à la batterie et, enfin stabilisé, alterne alors les tournées et les albums : Tambu (1995) et la ballade « I Will Remember », Mindfields (1999), qui contient quelques vieux inédits, Through The Looking Glass (2002), un cover album décevant puis Falling In Between (2006). Après le retour de Bobby Kimball et le départ de David Paich, un temps remplacé par Greg Phillinganes, Steve Lukather décide de mettre fin à Toto, même si des reformations sont envisagées le temps de quelques concerts.


A propos de Toto

== Spectacles ==
Toto au Zénith de Paris

== CD ==
Through The Looking Glass (2002)
Turn Back (1981)
Toto (1978)

mais aussi
AOR Light Mellow SMJI Edition (2001)
Dune (1984)
Joseph Williams : I Am Alive (1996)


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© Boris Plantier