The Blackbyrds au Batofar (Paris)

Samedi 17 Mai 2008

Après s’être fait attendre un (trop ?) long moment, c’est dans un Batofar archi-complet, le 14 mai 2008, que The Blackbyrds, légendaire groupe funk des 70s, a donné le premier concert parisien de son histoire. Une grande réussite !


The Blackbyrds au Batofar (Paris)
Si le trompettiste Donald Byrd, fondateur du groupe, n'était pas de la partie, le groupe qui vient de se reformer comptait dans ses rangs plusieurs musiciens d'origine : le batteur et chanteur Keith Killgo, désormais leader du groupe, le bassiste Joe Hall et le guitariste Orville Saunders. A ses anciens viennent s'ajouter un claviériste et un saxophoniste, trop jeunes pour avoir participé aux grandes heures de ce groupe, et une choriste que l'on a trop peu entendu en raison de problèmes de micro (la malheureuse a passé sa soirée à grimacer et à faire de drôles de mimiques pour attirer l'attention de l'ingénieur du son).

Restait à savoir ce que pouvait bien donner les Blackbyrds plus de vingt cinq ans après leur séparation. On pouvait s'attendre à un groupe de musiciens talentueux jouant paisiblement ses grands succès, de salles en salles, pour remplir le tiroir-caisse, comme cela se fait souvent. Mais divine surprise, les Blackbyrds n'étaient pas de ceux-là. La vraie funk, celle qui se jouait dans les clubs noirs au début des 70s, ne peut se jouer en pilotage automatique. Elle nécessite un don de soi total, voilà la belle leçon que nous a donnée ce superbe groupe et son fabuleux guitariste Orville Saunders, auteur d'une performance époustouflante. On se souviendra longtemps de ses riffs rythmiques et de ses soli acrobatiques qui n'avaient rien à envier à ceux d'un Eddy Van Halen des grands soirs. Faisant passer sa guitare derrière sa nuque ou jouant avec ses dents à la manière d'un Jimi Hendrix, il nous aura rappelé que la musique funk peut se jouer avec la même hargne que le rock, une hargne que partageait la section rythmique, d'une efficacité totale ce soir-là.

Emballé par cette funk débridée, le public a dansé et chanté sur les classiques du groupe et les reprises de Donald Byrd : « Change (Make You Wanna Hustle) », « Black Byrd », « Supernatural Feeling », le joyeux « Walking in Rhythm », « Do It, Fluid », « Soft and Easy », « (Fallin' Like) Dominoes », « Think Twice », « Happy Music » précédé dun'e longue introduction a capella, et en rappel l'inévitable « Rock Creek Park » puis un medley de « Sing a Simple Song » et de « Sex Machine ».


© Boris Plantier