The Beach Boys, l’enfance pour l’éternité

Lundi 14 Septembre 2009

Les livres sur les Beach Boys parus en français sont suffisamment rares pour qu’on s’y intéresse. Hélas « The Beach Boys, l’enfance pour l’éternité » de Gaël Tynevez est franchement décevant. Non seulement on n’apprend rien mais en plus l’auteur irrite pas sa suffisance et provoque l’hilarité par ses conclusions.


The Beach Boys, l’enfance pour l’éternité
Difficile de se passionner pour cette longue notice biographique (le père violent et tyrannique des frères Wilson, la naissance des Beach Boys avec l'achat d'instruments de musique quand les parents sont en vacances, les hits faciles à la pelle avant que Brian Wilson ne sombre dans la drogue et la folie et produise son chef d'oeuvre Pet Sound, les disputes avec les autres Beach Boys qui veulent continuer à chanter des histoires de surf et de filles canons, le passage à vide dans les 70s, le méchant Dr Landy qui persécute Brian, le décès tragique de Dennis puis la renaissance de Brian) à laquelle l'auteur a ajouté une description, titre par titre, de tous les albums du groupe.

Le résultat est sans intérêt pour quiconque connaît déjà un peu l'histoire des Beach Boys. Il irrite aussi par les partis pris de l'auteur qui nous parle de ces musiciens qu'il ne connaît visiblement pas en émettant des jugements à la va-vite. On ne lui en voudra bien sûr pas de s'intéresser principalement à Brian Wilson tant il est vrai que ce dernier est l'âme du groupe mais sa volonté de faire de Dennis Wilson l'égal de Brian est ridicule tout comme son désintérêt (et souvent son mépris) pour les autres membres du groupe : Carl Wilson, Al Jardine et Mike Love (le souffre-douleur de l'auteur). Ridicules aussi ces jugements expéditifs d'expert (?) pour nous dire quelles chansons sont intéressantes (en fait celles de Brian et de Dennis Wilson) et lesquelles sont ratées (celles de Carl Wilson, Al Jardine et Mike Love). Ridicule enfin, la conclusion de ce livre sur l'influence de Brian Wilson sur les musiciens qui ont suivi. L'auteur répudie tous les descendants directs américains tels que Chistopher Cross, America, Orleans… d'un expéditif « la musique AOR, quelle horreur ! » pour aller chercher des héritiers lointains en Grande-Bretagne (Prefab Sprout et XTC) avant de conclure avec un scoop magistral : le vrai héritier de Brian Wilson est français et c'est... Christophe !


The Beach Boys : l'enfance pour l'éternité, de Gaël Tyvenez, éditions Camion Blanc, 2002, 238 p., 20.


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© Boris Plantier