The Beach Boys au théâtre de verdure de la Grande Motte

Dimanche 17 Juillet 2011

Les Beach Boys étaient en concert à la Grande Motte le samedi 16 juillet 2011. Le groupe de Mike Love a joué ses plus grands succès et bien plus encore pour la plus grande joie d’un public venu danser et faire la fête.


The Beach Boys au théâtre de verdure de la Grande Motte
The Beach Boys à la Grande Motte voilà une affiche qui sent bon les vacances, le concert idéal pour une agréable soirée d’été. Et pourtant la fête a failli être gâchée d’entrée par une organisation déplorable. Les spectateurs qui avaient eu l’idée de venir avec un appareil photo se voient refuser l’entrée et pas de consigne où le laisser. Etant venu de loin et sans voiture, j’essaye de négocier avec le vigile qui ne veut rien entendre. Soit je repars mon billet à la main sans avoir rien vu, soit je me débarasse de mon appareil photo. On sait recevoir les vacanciers à la Grande Motte… Une seule solution, le système D. Je vais aux alentours du Jardin de verdure cacher mon appareil photo en espérant le retrouver après le spectacle (c’est bon à savoir. Si vous avez besoin d’un appareil photo, explorez les alentours du Jardin de verdure un soir de spectacle). Quelques heures après le concert, l’envie est encore grande d’écrire ce que je pense de ce règlement obsolète et stupide et des vigiles bornés qui l’ont appliqué à la lettre en dépit de tout bon sens mais lorsqu’on publie ses écrits, il convient de rester décent. « Cool Head, Warm Heart » comme disait avec une infinie sagesse le Maharishi Mahesh yogi à Mike Love. Alors je respire très fort et je me retiens.

Si le carré d’or (les places vendues plus chères devant la scène ) est complet, les gradins sont clairsemés. Les Beach Boys n’ont pas fait le plein à la Grande Motte. Certains ont sans doute hésité sachant que derrière ce nom merveilleux se cachait ce qu’il aurait été plus correct d’appeler The Mike Love Band. Car mis à part, Mike Love et à la limite Bruce Johnston, il n’y a avait pas beaucoup de Beach Boys sur scène ce soir là. Dennis et Carl Wilson ne sont plus de ce monde et Al Jardine joue avec son propre groupe tout comme Brian Wilson, le génial compositeur des Beach Boys. Mike Love qui exploite le nom de Beach Boys est donc la principale attraction de ce concert. Le chanteur, qui fait bien son âge, est comme toujours horriblement sapé. Autour de lui, six musiciens dont le fameux Bruce Johnston aux claviers, plus tout jeune lui non plus. Le groupe attaque, avec « Catch a Wave » et « Hawaï », une setlist de 37 chansons. Une belle générosité. Les musiciens sont impécables notamment au niveau des harmonies vocales. Ce sont eux qui tiennent la baraque et qui assurent les parties vocales de Brian et de Carl Wilson. On regrettera juste qu'ils soient trop statiques, de vrais plots ! Les hits incontournables se succèdent : « Do It Again », « Surfin’ Safari », « Surfer Girl », « When I Grow Up (to Be a Man) », « In My Room », « Don’t Worry Baby », « I Get Around », « God Only Knows », « Heroes and villains », « Sloop John B. », « Wouldn’t It Be Nice », « California Girls », « Help Me, Rhonda », « Barbara Ann », « Surfin’ USA », « Good Vibrations », « Fun, Fun, Fun ». Et puis il y a, autour de ces hits que le groupe se devait de jouer, une sélection de chansons un peu moins célèbres.

Il est intéressant de noter que la sélection de Mike Love est différente de celle de Brian Wilson. Mike Love a axé sa setlist sur des chansons plus rock car c’est sur ce genre de morceaux qu’il est le plus à l‘aise : « Shut Down », « Rock and Roll Music », le « Summertime Blues » d’Eddie Cochran, ou encore les hits de surf music de Jan & Dean, « Surf City » et « The Little Old Lady from Passadena ». Le vieux cousin des frères Wilson assure toujours très bien ses vocaux, tambourain à la main. On lui reprochera seulement d’avoir infligé au public son peu inspiré « Cool Head, Warm Heart » mais qu’importe, la foule apprécie et passe la plus grande partie du concert debout. Beaucoup prennent des photos et filment le spectacle ostensiblement alors que je me demande avec une certain angoisse si je retrouverais mon appareil photo à la sortie (un bel exemple d’ironie dramatique made in La Grande Motte). Les occupants des gradins descendent en nombre et viennent s’installer entre la scène et la première rangée du carré d’or où ceux qui avaient payé pour être aux premières loges ne voient plus rien. Mais revenons à la musique. Les Beach Boys ont aussi joué « Kokomo », leur ultime hit, ainsi que toute une série de chansons mineures telles que « Little Honda », « Getcha Back », « Darlin' », « Why Do Fools Fal in Love », « Cotton Fields », « Little Deuce Coupe », « Then I Kissed Her », « 409 », « Ballad of Ole' Betsy », « Do You Wanna Dance » ou encore « Disney Girl » composé par Bruce Johnston. Ce dernier, qui joue sur scène avec les Beach Boys depuis les débuts du groupe, se permet, de temps à autres, quelques pitreries mais semble à la peine dans ses vocaux. C’était notamment le cas sur le délicat « God Only Knows » que le bassiste aurait chanté beaucoup mieux que lui avec sa belle voix de falsetto.

Au total, deux heures de très bonne musique et un spectacle qui permet de prendre conscience qu’il serait faux de réduire la musique de ce groupe à la pop sophistiquée et tourmentée du génial Brian Wilson. La musique des Beach Boys, c’est aussi une musique festive, dansante et un peu puérile. Il est désormais trop tard pour voir sur scène les Beach Boys, les vrais, mais voir Brian Wilson d’un côté et Mike Love de l’autre permet de réunir deux visions différentes du groupe, deux facettes apparement contradictoires, et de se faire une idée de ce que pouvait être un concert des Beach Boys. Sans Brian Wilson il n’y aurait pas eu les Beach Boys. Sans Mike Love non plus. Certaines personnes qui ont une vision un peu simpliste de l’histoire du groupe (tout doit être noir ou blanc) et qui ont fait de Mike Love le grand méchant du groupe, auront du mal à l’admettre. A tort…

Je conclurais cet article en rassurant mes lecteurs. J’ai retrouvé mon appareil photo dans le buisson où je l’avais caché. Une fin heureuse à un suspense insoutenable qui m’a en partie gâché ce bon spectacle. Qu’on se le dise à la Grande Motte, organiser un concert, c’est un métier.


Bookmark and Share

Boris Plantier