Take 6 au New Morning (Paris)

Dimanche 6 Août 2006

Le groupe jazz/soul Take 6 a emballé un public conquis d’avance grâce à des acrobaties vocales exceptionnelles. Un excellent show de musique noire américaine qui a transformé, le temps d’une soirée, le New Morning en club noir de l’Alabama.


Take 6 au New Morning (Paris)
C'est dans un New Morning archi-complet que Take 6 a donné son show parisien le samedi 22 juillet 2006. Leur premier dans la capitale depuis près de 10 ans. L'ambiance était bon enfant malgré le manque de places assises et la chaleur moite qui donnait au New Morning une ambiance très Alabama (l'État d'origine du groupe Take 6). L'assistance était d'ailleurs très colorée car en grande partie constituée d'Antillais, ce qui laisse penser que le groupe américain bénéficie d'une très forte popularité dans cette région.

A l'heure prévue, les 6 vocalistes entrent en scène. C'est le début d'un show très réussi d'une heure et demie. A mi-chemin entre le jazz, la soul et même parfois le hip-hop, Take 6 a fait chaviré un public enthousiaste du début à la fin du spectacle. Il faut dire que ces garçons savent y faire. Ils font tout avec leur voix, instruments, boites à rythme, et le résultat est bluffant. Après les trois premiers titres, « Come On », « Feels Good » et « I've Got Life/Spread Love », Take 6 fait chanter le public sur « Wade in the Water » puis termine la première partie du spectacle en nous emmenant dans le « Take 6 Jazz Club ». Chaque chanteur imite un instrument (basse, trompette, trombone…) puis l'un d'eux se met au piano et le groupe reprend deux classiques du jazz « Smile » de Charlie Chaplin et « Just in Time ».

Après 20 minutes de pause, Take 6 revient avec « Walk On the Wild Side » , « Lamb of God » et « Fly Away », gospel qui finit presque en rap. Le New Morning devient alors un temple où l'on chante du gospel et où le groupe prêche « Jesus Christ will come again soon and there will be nothing but joy, harmony… », peut-on entendre. Le public apprécie et des « Amen » retentissent dans la salle. Take 6 montre alors sa facette plus commerciale. En s'accompagnant d'un piano et d'une guitare, le groupe interprète « We Don't Have To Cry », ballade soul très contemporaine que le chanteur de Take 6 Claude V. McKnight III a co-écrite avec son frère Brian McKnight. Le groupe enchaîne avec « GrandMa's Hands » de Bill Withers, accompagné par un public qui chante et frappe dans ses mains. Hélas la fin approche, Take 6 conclut le set avec « So Much 2 Say », un jazz vocal survolté.

De retour dans la salle après un inévitable rappel, le groupe reprend « My Friends » de Ray Charles puis chante « Mary » avant de quitter la petite scène en serrant la main de leurs fans du premier rang. Mais difficile de quitter aussi facilement un public si enthousiaste. Le groupe revient donc une seconde fois et conclut le show sur un « Family of God » très réussi.


© Boris Plantier