Steve Winwood à Bobino (Paris)

Mardi 12 Octobre 2010

Le jeudi 7 octobre 2010, un an après un Bercy complet avec Eric Clapton, son ancien compagnon de Blind Faith, Steve Winwood est revenu à Paris, en solo, dans la petite salle de Bobino.


Steve Winwood à Bobino (Paris)
Il y a des artistes qui vous rejouent sur scène leurs enregistrements studio à la note près. Steve Winwood n'en fait pas partie. Entouré de jeunes musiciens (un guitariste, un batteur, un percussionniste et un saxophoniste/flûtiste), le chanteur a privilégié l'improvisation, donnant à sa musique l'aspect jazz-rock de ses enregistrements des années 70 avec le groupe Traffic. Les longs soli ont donc été privilégiés, principalement exécutés par Winwood lui-même à l'orgue Hammond (un antique, tout en bois) ou parfois à la guitare électrique, montrant ainsi qu'il n'est pas seulement un grand chanteur de soul blanche mais aussi un redoutable instrumentiste. Cela donne de longs morceaux tels que « Light Up Or Leave Me Alone » que le groupe a étiré sur une vingtaine de minutes.

Steve Winwood a ainsi revisité plus de quarante ans de carrière en solo ou en groupe (Spencer Davis Group, Traffic, Blind Faith). Ses chansons qui datent parfois des années 60 ont conservé leur jeunesse à l'image de leur créateur, qui n'a pas beaucoup changé malgré les années. Toujours cette même minceur, cette élégance, ce regard juvénile et cette voix facilement reconnaissable. Steve Winwood n'a pas choisi la facilité avec une setlist qui a occulté bon nombre de ses grands succès, notamment les grands hits pop des années 80 qui ne collaient pas trop avec l'orientation artistique choisie par le chanteur pour ce concert. Seul rescapé des meilleures années commerciales de Winwood, « Higher Love » détonne un peu et n'est que moyennement convaincant dans sa version jazz-rock. Le reste fut beaucoup plus réussi : « Different Light », « I'm A Man », « Hungry Man », « Can't Find My Way Home », « Dirty City », « Fly », « At Times We Do Forget », « Light Up Or Leave Me Alone », « The Low Spark Of High Heeled Boys », « Empty Pages » et en rappel « Dear Mr. Fantasy » et « Gimme Some Lovin' ». De la grande musique !


© Boris Plantier