Simply Red au Zénith (Paris)

Vendredi 27 Janvier 2006

La musique est un art. La performance live l’est tout autant. Et quiconque a déjà vu sur scène le groupe britannique Simply Red sait que son leader, Mick Hucknall, est un talentueux performer. Le 15 décembre dernier au Zénith de Paris, il l’a prouvé une fois de plus.


Simply Red au Zénith (Paris)
Un concert, c'est toujours une petite angoisse pour le spectateur : l'artiste va-t-il être en forme ? Tiendra-t-il sur scène les espérances que l'on a placé en lui à l'écoute de son album ? Par deux fois dans le passé j'ai éprouvé cette crainte à l'encontre de Simply Red, et par deux fois j'ai été rassuré. Si bien qu'au Zénith, je n'avais plus aucune crainte. Seulement de l'impatience et de l'excitation.

Le ticket annonçait 20h. Il est rare qu'un concert commence à l'heure, et pourtant à l'heure précise, la première partie débutait. Et quelle bonne surprise de découvrir que cette dernière était assurée avec brio par Eileen Barnes, qui pendant 30 minutes a bien chauffé la salle avec sa soul mélodieuse. Mais évidemment, ce qui nous intéresse, c'est Simply Red.

On aurait pu s'attendre à ce que l'ouverture soit donnée avec « Home », chanson donnant son nom au nouvel album qui avait ouvert cet été le concert Place de la République pour la Fête de la Musique. Et bien, c'est le son très 80s et typiquement Simply Red de « Home Loan Blues » (du nouvel album) qui a lancé les festivités. Comme à son habitude, Hucknall avait l'air renfrogné et stressé lors de cette première chanson, mais il ne fallait surtout pas s'en inquiéter (même s'il a chanté le concert enrhumé, se mouchant entre chaque chanson).
Dès le second morceau, « Lost Weekend », il était détendu, et le show a pris son envol avec un troisième air que l'on ne s'attendait pas à entendre ce soir, le superbe « More » de 1989. Chanson rare sur scène mais très connue des fans qui restera comme un moment fort du concert. Un concert de Simply Red n'en serait pas vraiment un sans un bon reggae, nous avons donc vite eu droit à un « Night Nurse » incontournable.

Deux extraits du dernier album ont suivi : « Something for You », chanson qui prend toute son ampleur sur scène grâce aux choristes, et la magnifique « Home », aussi simple et belle que sur l’'album. Deuxième surprise de la soirée, « Your Mirror » (extraite de l’'album Stars), chanson au cours de laquelle Hucknall est très complice avec le public.
Cette complicité est un élément à part entière des performances live de Simply Red. Sans être un artiste très expansif entre chaque chanson, il prend un plaisir énorme à jouer avec les spectateurs, mimant bien souvent les paroles de ses chansons. C'’est un artiste qui a compris que pour donner un bon concert, il faut avant tout se faire plaisir à soi-même, être à fond dans chacune de ses chansons, et communiquer ainsi sa joie de chanter. Et ça marche

Après, c'est donc avec une joie immense que l'on a chanté avec lui les grands classiques que sont « A new Flame », « If you don't know me by now », « Stars » ou « Money's too tight to mention ». Parmi les chansons du nouvel album, on ne peut s'empêcher de penser qu'une en particulier deviendra à coup sûr un classique du groupe dans les années à venir, tant sa restitution sur scène est extraordinaire : « Fake », un morceau rythmé, endiablé, qui joue beaucoup avec l'interaction entre les instruments de musique, notamment les cuivres. Un régal.

Après 16 titres qui ont mis le feu au Zénith, le groupe est revenu pour 4 rappels qui se sont avérés indispensables : la première chanson composée par Mick Hucknall, « Holding back the years », sobrement interprétée par Hucknall à la guitare ; « Something got me started » tube planétaire de 1991 qui fait toujours autant d'effet au public ; « Fairground » entre pop anglaise et bossa-nova brésilienne, LE tube de l'album « Life ».
Et pour finir évidemment, « Sunrise », la première chanson extraite du dernier album qui lui avait permis d'atteindre les sommets des charts européens.

Bien sûr, on aurait également aimer entendre « It's only love » ou sa récente reprise de Bob Dylan « Positively 4th Street », et peut-être encore les plus rares « Picture Book », « Maybe someday », « Lives and loves » ou « Blue », mais le concert ce 15 décembre était déjà, avec ses 20 chansons, fantastique.

Entre morceaux d'anthologie et nouveautés, Simply Red a enchanté le public parisien (et encore plus ceux qui, comme moi, étaient à quelques coudées du devant de la scène !), prêt à le retrouver pour sa prochaine tournée. Pourvu que cela arrive vite !

Chansons jouées sur la scène du Zénith :

- Home Loan Blues (Home - 2003)
- Lost Weekend (Home - 2003)
- More (A New Flame - 1989)
- Night Nurse (Blue -1998)
- Something For You (Home - 2003)
- Home (Home - 2003)
- Your Mirror (Stars - 1991)
- A New Flame (A New Flame - 1989)
- You make me feel brand new (Home - 2003)
- Come to my aid (Picture Book - 1985)
- Red Box (Picture Book - 1985)
- Fake (Home - 2003)
- If you don't know me by now (A New Flame - 1989)
- Stars (Stars - 1991)
- The Right Thing (Men and Women - 1987)
- Money's too tight to mention (Picture Book - 1985)
- Holding back the years (Picture Book - 1985)
- Something got me started (Stars - 1991)
- Fairground (Life - 1995)
- Sunrise (Home - 2003)


David Tredler