Rupert Holmes

Mardi 10 Juillet 2007

Compositeur, arrangeur et chanteur de grand talent, Rupert Holmes connaîtra une belle carrière solo dans les années 70. Dans les années 80, il travaille dans l’ombre pour d’autres artistes et se fait un nom comme compositeur de comédies musicales, dramaturge et romancier.


Rupert Holmes est né en Angleterre d'une mère anglaise et d'un père americain. Rapidement la famille s'installe aux États-Unis dans l'état de New-York. Holmes, qui baigne dans un environnement musical, apprend la clarinette et étudie la musique à la Manhattan School of Music. Malgré cette formation classique, Rupert s'oriente vers une carrière pop. Il s'installe à New York et écrit et arrange jingles et chansons. The Platters, Gene Pitney ou The Drifters chanteront ses chansons. En 1971, il écrit et arrange les compositions du groupe The Buoys qui connaitra un certain succès avec la chanson « Timothy » (#17).

Peu après, il part pour Los Angeles tenter une carrière solo. Il signe un premier contrat chez Epic Records en 1974 et sort trois albums (Widescreen, Rupert Holmes et Singles) qui passent inaperçus malgré les petits bijoux pop que sont « Terminal », « The Last Of The Romantics », « Weekend Lover » et « Talk ». On retrouve pourtant déjà dans ces disques tout le talent de Rupert Holmes : des paroles qui racontent de petites histoires avec souvent une pointe d'humour, de belles mélodies et une orchestration pop impeccable. Certains artistes ont bien compris que Rupert Holmes avait du talent et enregistrent ses chansons (Barry Manilow, Dionne Warwick et surtout Barbra Streisand pour qui Rupert travaillera sur l'album A Star is Born).

Après un court exil en Angleterre durant lequel il produit quelques disques, Rupert Holmes revient aux États-Unis et signe chez le label Private Stock. C'est le début d'un changement permanent de maisons de disque mais aussi le début du succès grâce au single « Let's Get Crazy Tonight » (#79) en 1978. Outre cette chanson entraînante, on retrouve sur l'album Pursuit Of Happiness (1978) les belles ballades « Speechless » et « Less Is More ».

L'année suivante sort le disque Partners In Crime (1979) qui contient « Escape (The Pina Colada Song) » (#1), la chanson la plus connue de Rupert Holmes. Numéro 1 aux Etats-Unis durant trois semaines à la fin de l'année 1979 et au debut de l'année 1980, ce qui permet à l'artiste de se vanter d'avoir été numero 1 pendant deux décennies. Egalement sur l'album Partners In Crime, l'excellent « Him » (#6) et « Answering Machine » (#32).

L'album suivant Adventure (1981) ne connait pas le même succès malgré deux superbes singles « Morning Man » (#68) et « I Don't Need You » (#56). L'échec de l'album Full Circle (1981) met un terme à la carrière de chanteur pop de Rupert Holmes qui tente tout de même un come-back infructueux avec l'album Scenario (1994).

L'industrie musicale a changé avec l'arrivée de la vidéo : l'image est devenue plus importante que la musique et l'allure des chanteurs compte plus que leur talent. Une situation absurde qui n'a guère changé. Rupert Holmes qui est loin d'avoir perdu son talent continue de composer et d'arranger des chansons pop comme la ballade « You Got It All » gros hit des Jets en 1986 repris en 2000 par Britney Spears.

En plus de son travail en studio, Rupert Holmes écrit et compose des comédies musicales. The Mystery of Edwin Drood d'après Charles Dickens est jouée à Broadway avec succès en 1986. Elle remporte les Tony Awards de la meilleure comédie musicale et du meilleur livret. Et comme Rupert Holmes est aussi doué pour la littérature, il écrit des pièces de théâtre et des romans policiers : La Vérité du mensonge qui a été adapté au cinéma par Atom Egoyan sous le titre La Vérité nue et Swing (Rivages).


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© Boris Plantier