Rock'n'Roll 39-59 à la fondation Cartier

Dimanche 15 Juillet 2007

La Fondation Cartier pour l’art contemporain présente du 22 juin au 27 octobre 2007, une formidable exposition sur la génère et les débuts du rock’n’roll aux États-Unis.


Rock'n'Roll 39-59 à la fondation Cartier
La visite commence au rez-de-chaussée avec la projection d’un film consacré aux débuts du rock’n’roll et à ses célèbres pionniers. Certaines de ces idoles devenues des icônes semblent un peu empruntées (Carl Perkins, Bill Haley, Buddy Holly, The Everly Brothers) alors que d’autres sont de véritables bêtes de scène (Elvis Presley, Little Richard, Chuck Berry, Jerry Lee Lewis) mais toutes provoquent l’hystérie des jeunes blancs américains. Ces premiers rockers ont pris de court l’industrie du disque et semé la panique dans l’establishment. Pasteurs, élus et leaders d’opinion ont tenté par tous les moyens (satyres méprisantes, boycott, nettoyage des ondes, interdictions de concerts, créations de nouvelles idoles plus inoffensives) de faire taire cette musique qu’il jugeaient décadente et qui, pour eux, abaissait les jeunes blancs qui l’écoutaient au niveau des noirs, certains voyant même dans cette musique l’arme fatale du communisme.

Une fois dans le bain, il est temps de commencer la visite. Au rez-de-chaussée, on retrouve dans la salle de projection des vitrines dans lesquelles sont exposées des affiches de concerts aux programmes alléchants et trois guitares dont la plus intéressante est celle ayant appartenue à Buddy Holly, recouverte d’une enveloppe de cuir au nom du chanteur.

Dans la salle d’à côté, une très belle exposition de photos signées Alfred Wertheimer. Le photographe a suivi Elvis Presley à New York puis dans le Tennessee en 1956. On y voit le King dans les rues, dans une boutique de vêtements, avec sa girlfriend de l’époque...

La plus grande salle du rez-de-chaussée est la plus spectaculaire. Les objets mythiques des années 50 y sont exposés : une impressionnante Cadillac type 62 cabriolet 1953, un studio d’enregistrement dans lequel on peut entendre des enregistrements de cessions d’Elvis, de Little Richard, de Ray Charles et de Jerry Lee Lewis, une collection de juke-box étincelants, de transistors en bakélite, de micros chromés, de magazines pour teenagers et un pan de mur consacré aux héros rebelles du cinéma (Marlon Brando, James Dean, Jayne Mansfield).

La visite se poursuit au sous-sol avec une salle qui nous fait découvrir l’Amérique des années 40-50 (la fin de la guerre, le Sud ségrégationiste, la naissance de la société de consommation) grâce notamment à une très belle exposition photographique. On y retrouve aussi des documents sur ceux qui ont inspiré les pionniers du rock’n’roll : les vedettes du jazz, du rhythm’n’blues et de la country des années 40-50.

Enfin, deux grandes pièces présentent sur leurs murs une chronologie qui ressitue les grands moments du rock’n’roll dans l’Histoire. Au centre de ces deux pièces, des vitrines sont dédiées aux pionniers du rock’n’roll : biographies, documents sonores et vidéos, disques, photos, et même quelques autographes et reliques (une veste gris chiné portée par Elvis au Ed Sullivan Show en 1957, une veste portée par Eddie Cochran, une ceinture en cuir sur laquelle Buddy Holly a fait inscrire son nom, un costume de scène de Johnny Cash et des pulls ayant appartenus aux Everly Brothers. Un hommage est également rendu au DJ Alan Freed qui popularisa le rock’n’roll et les artistes de rhythm’n’blues noirs à la radio et à la télévision et dont l’Amérique puritaine a brisé la carrière.

Pour approfondir cette période passionnante de l’histoire musicale le livre et le CD de l’exposition sont vendus à la boutique du musée. Les visiteurs qui ne désirent pas casser leur tirelire ne repartiront pas les mains vides pour autant puisqu’une brochure et un CD 4 titres leurs seront remis à l’entrée.


© Boris Plantier