Paul Gilbert : « Working for the Weekend est la chanson par laquelle tout a commencé »

Samedi 27 Septembre 2014

Interview. Le guitariste Paul Gilbert vient de sortir un album solo intitulé Stone Pushing Uphill Man ainsi qu’un album avec son groupe, Mr. Big. Il nous présente ces deux disques et nous parle aussi de son école de guitare en ligne.


© James Chiang
© James Chiang
Il y a beaucoup de reprises sur votre nouvel album. Comment les avez-vous choisies ?

Et bien chaque chanson a une histoire différente. « Back in the Saddle » d’Aerosmith est un rock braillard alors que « My Girl » est une œuvre d’art pop. « Wash Me Clean » est une ballade luxuriante et « Why Don’t We Do It in the Road » est un blues crade et sauvage. « I got the Feelin’ » est un funk très énergique et « Murder by Numbers » est un morceau pop/jazz un peu fou. Mais « Working for the Weekend » est la chanson par laquelle tout a commencé. Ce morceau dégage une énergie tellement incroyable qu’il m’a donné le tempo pour tout le disque.

Était-ce difficile de jouer à la guitare ces mélodies faites pour être chantées ?

Cela a demandé un peu d’effort mais c’est exactement ce que je voulais faire alors c’était une joie de consacrer du temps à cela. J’adorerais faire plus de choses de ce genre même si je ne les sors pas. J’ai tellement appris en écoutant la façon dont les chanteurs chantent.

Sur cet album vous chanter une chanson. Est-ce une expérience que vous aimeriez renouveler ?

Quand je chante, ma voix est imprévisible. Parfois j’aime ça. Mais la plupart du temps, je ne suis pas satisfait de mon timbre et du ton. J’obtiens des résultats beaucoup plus satisfaisants avec ma guitare. Je crois que le secret du chant, c’est d’accepter les limites de sa voix. J’ai un timbre de voix assez bas alors il faut juste que je choisisse des chansons qui ont une mélodie basse si je veux les chanter.

Quelle est la plus grande difficulté quand on doit enregistrer un album instrumental ?

Pour n’importe quel album, la plus grande difficulté est de transmettre une énergie d’un niveau similaire à celle que l’on transmet lors d’un concert. Si je suis en tournée, l’énergie totale que je produis est très importante. Mais si je suis à la maison pour un moment, je commence à me relaxer. Dans ce cas-là, je dois travailler beaucoup en studio pour retrouver toute mon énergie.

Il y a aussi un nouvel album de Mr. Big qui sort. Pouvez-vous m’en parler un peu ?

Il s’agit d’un album de nouvelles chansons inédites bien sûr. Pour ce disque j’ai eu recours à la pédale wah wah beaucoup plus qu’à l’accoutumé. J’ai été inspiré par Robin Trower. Et bien évidemment, j’ai aussi été inspiré par l’enregistrement de Stone Pushing Uphill Man. Cela s’entend sur mes solos qui sont beaucoup plus inspirés par le chant que d’habitude. Néanmoins, je joue aussi plein de trucs très rapides quand cela s’avère nécessaire pour la chanson.

Vous avez aussi votre propre école de guitare en ligne. Comment est-ce que cela fonctionne ?

Je fais cela depuis plus de deux ans maintenant et j’ai réalisé plus de 2000 leçons en vidéo ! Quand j’ai commencé cette école, j’ai réalisé un cours complet en vidéo qui va du niveau débutant au niveau le plus avancé. Mais la caractéristique principale de cette école, c’est que chaque étudiant peut m’envoyer une vidéo de lui en train de jouer. Je la regarde et puis je lui réponds à travers une nouvelle vidéo dans laquelle je lui enseigne comment progresser. Ces deux vidéos, la question et la réponse, sont assemblées et porte le nom d’échange vidéo. Tous mes étudiants ont la possibilité de les visionner. Donc, quand j’enseigne quelque chose à un étudiant, je l’enseigne en fait à chacun de mes étudiants. J’aime vraiment beaucoup faire ça. Mes étudiants s’améliorent de jour en jour. Si cela vous intéresse, vous pouvez vous inscrire à cette adresse : http://artistworks.com/paul-gilbert

Quelles sont les principales difficultés que rencontrent vos étudiants ?

Les gens ont tendance à regarder plus qu’à écouter. Les étudiants peuvent se montrer très bons pour tout ce qui concerne l'aspect visuel du jeu de guitare. Ils savent jouer des accords, des gammes, des arpèges et lire les tablatures. Mais la partie « écoute » est tellement importante. Alors j’ai mis au point de nombreuses méthodes pour enseigner le vibrato, la modulation, la dynamique, la durée des notes, la tonalité, le legato et bien sûr le sens du rythme. Ce sont tous ces éléments qu’un guitariste doit connaître pour sonner comme un pro.

Vous verra-t-on sur scène en France que ce soit en solo ou avec Mr. Big ?

Pour le moment, il n’y a pas de concerts de prévus en France mais je suis sûr que je vais revenir. J’adore jouer en France !


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Boris Plantier