Mr. Big : "Nous sommes des musiciens et nos chansons viennent donc des émotions que nous ressentons dans nos vies"

Vendredi 9 Septembre 2011

Interview. Reformé en 2009, Mr. Big s’est lancé dans une tournée mondiale qui s’apprête à passer par la France. Le groupe sera au Bataclan (Paris) le mercredi 21 septembre 2011 et à la Laiterie (Strasbourg) le jeudi 29 septembre 2011. Un évènement à ne pas manquer car Mr. Big est un vrai groupe de scène. Le guitariste du groupe, Paul Gilbert, a eu la gentillesse de répondre à nos questions.


Mr. Big : "Nous sommes des musiciens et nos chansons viennent donc des émotions que nous ressentons dans nos vies"
Je me souviens de ces images des groupes de rock qui passaient sur MTV dans les années 80-90. Cela ressemblait à des fêtes sans fin avec de superbes filles, de l’alcool et peu de travail… A quoi ressemble la vie lorsqu’on fait partie d’un groupe de rock ?

PG : Et bien c’était exactement ce que j’espérais. Mais j’ai toujours tellement aimé la musique que je travaillais toujours plus pour améliorer mon jeu de guitare. Je me souviens des répétitions avec les groupes dans lesquels je jouais quand j’étais ado. A chaque fois que l’on faisait une pause, les autres allaient dans une autre pièce et buvaient des bières. Moi, je restais dans la salle de répétition et je continuais à jouer de la guitare. Ma relation à la musique et à la guitare est tellement importante pour moi. Cela me procure tant de joie. Tout le reste s’efface pour ainsi dire devant ma passion dévorante pour la guitare. Et il en sera toujours ainsi !

Mr. Big est un vrai groupe de rock mais il est surtout connu pour ses chansons pop. Est-ce important pour le groupe d’avoir ces deux facettes, à la fois pop et rock ?

PG : Mr. Big joue des chansons hard et soft, rapides et lentes, en mode mineur et en mode majeur, et l’on pourrait trouver encore un nombre infini de termes pour décrire notre musique. On ne se complique pas la vie. Nous jouons et composons ce que l’on sent. Si nous choisissions un style très précis, les maisons de disques seraient certainement ravies car nous serions très faciles à marketer. Mais nous ne faisons pas de marketing. Nous sommes des musiciens et nos chansons viennent donc des émotions que nous ressentons dans nos vies.

Votre plus grand succès, « To Be with You » semble être une chanson très spontanée. Est-ce l’une de ces chansons qui vous vient toute seule, sans effort, et que l’on compose en vingt minutes ?

PG : « To Be With You » a été écrite par Eric (Martin). En fait, il a écrit cette chanson avant la formation de Mr. Big. Un jour, il m’a fait écouter une démo de « To Be with You » et je n’ai pas pu oublier cette chanson. Je lui ai demandé une copie afin de pouvoir l’écouter. J’ai fini par la mettre dans quelques cassettes que j’avais faites pour les répétitions du groupe et quand Billy (Sheehan) et Pat (Torpey) l’ont entendue, ils l’ont tout de suite aimée.

Mr. Big est l’un des rares groupes de classic rock a avoir survécu à la vague grunge. Quel est votre secret ?

PG : J’ai quitté le groupe pendant treize ans ! Ha ha! Sérieusement, tout ce que nous savons faire c’est composer et jouer de la musique. Nous n’avons aucun moyen de contrôler la façon dont elle est perçue par les gens et nous ne pouvons contrôler les tendances. C’est pour cela que nous nous contentons de nous concentrer sur nos disques et nos concerts et oublions tout le reste.

Je me suis rendu plusieurs fois au Japon et j’ai pu y constater votre grande popularité là-bas. Comment expliquez-vous cela ?

PG : Nous avons donné de grands concerts au Japon. Cela fait vraiment quelque chose de remplir le Budokan ! Mais nous avons beaucoup de succès dans beaucoup d’autres endroits. Nos plus grands concerts ont eu lieu en Indonésie et au Brésil. Nous venons aussi de finir une super tournée à travers les États-Unis et l’Europe nous a toujours aimé.

Vous avez sorti 9 albums live en 20 ans. Est-ce que l’on peut en conclure que Mr. Big fait partie de ces groupes qui sont souvent meilleurs sur scène qu’en studio ?

PG : Nous ne voulons pas qu’il y ait une grande différence entre les deux. Lorsqu’on fait un album studio, on veut qu’il procure la même excitation et qu’il transmette la même énergie qu’un concert. La principale différence est que nous avons une audience beaucoup plus modeste dans un studio… juste notre producteur et notre ingénieur !

Il y a un cochon ailé sur la pochette de "What If", votre dernier album. Est-ce que cela signifie que vous considériez la reformation de Mr. Big dans son line-up original comme impossible ?

PG : Exactement. Je ne peux pas parler pour les autres membres du groupe, mais en ce qui me concerne, j’avais vraiment besoin d’un break après ces huit premières années passées ensemble. Mais au fil du temps, les bons souvenirs de cette époque sont remontés à la surface et le groupe et sa musique ont commencé à me manquer. Je me sens vraiment chanceux d’avoir eu une deuxième opportunité de jouer de la guitare au sein de Mr. Big.

"What if" sonne vraiment très bien et c’est un album très vivant. Pensez-vous que la séparation et les divers projets solos des membres du groupe ont eu un effet positif sur la musique de Mr. Big ?

PG : C’est vraiment impossible de comparer tout cela. Avant tout, je suis très heureux de la façon dont les choses se sont déroulées. Je suis content d’avoir eu l’opportunité de faire mes propres albums solo. Et je suis content d’avoir eu l’opportunité de travailler de nouveau avec Mr. Big. Je vais probablement poursuivre ces deux expériences à l’avenir. Je suis toujours reconnaissant de pouvoir vivre mon rêve et jouer de la guitare chaque jour pour gagner ma vie. C’est un boulot génial !


Bookmark and Share

Concerts Base Productions


Boris Plantier