Marco Taggiasco : « Le marché italien ne représente que 5 % de mes ventes de disques »

Dimanche 12 Janvier 2014

Interview. Compositeur, producteur et arrangeur, Marco Taggiasco évoque sa carrière, la musique west-coast, ses influences, son travail avec David Pack et Robbie Dupree, et sa reprise du "Merry Christmas Darling" des Carpenters avec la chanteuse Andrea Sanchini.


Vous composez dans un genre que l’on appelle Adult contemporary ou west coast. Qu’est-ce qui vous a plu dans ce style musical ?

J’ai toujours été attiré par la bonne musique, les bonnes chansons. Les compositions de qualité, les belles mélodies, les harmonies qui attirent l’attention, les grandes interprétations, les grandes productions. On peut retrouver ces éléments dans n’importe quel type de musique, donc ce n’est pas vraiment une question de genre. Cette approche de la musique pop était assez courante dans les années 70 et 80. J’imagine que c’est pour cela que les gens ont tendance à classer ma musique dans un style musical qui était en vogue à ce moment-là.

Pouvez-vous me parler de votre découverte de la musique west-coast, des musiciens qui vous ont inspiré ?

Je ne me suis jamais vu comme un artiste west-coast. Lorsque j’ai commencé à faire de la musique, au milieu des années 70, le terme west-coast était surtout utilisé pour un type de musique country. Avec l’essor d’Internet, dans les années 90 et plus tard, cette appellation a englobé tout ce qui était musique pop/rock sophistiquée et adulte.

J’adorais la musique qu’on entendait à cette époque : les Doobie Brothers, Steely Dan, Earth, Wind & Fire, Stevie Wonder, Todd Rundgren, Quincy Jones… Mais la première chose pour laquelle j’ai craqué était la musique instrumentale. Des musiciens comme Henri Mancini, Burt Bacharach, Claus Ogermann ou Johnny Mandel m’ont beaucoup influencé dans mon métier d’arrangeur.

Le style Adult Contemporary/West-coast était très populaire à la fin des années 70 et au début des années 80. Cela vous aurait plu d’être musicien à Los Angeles à cette époque ?

Vous savez, la musique à cette époque était vraiment plus intéressante. Nous étions tous très excités par notre travail de compositeur, de producteur, par nos performances sur scène. Tout était excitant ! J’étais au tout début de ma carrière à cette époque mais c’est sûr que ça aurait était marrant d’être un musicien à L.A. à ce moment-là.

Vous êtes Italien. Avez-vous hésité à composer en anglais ?

Tout dépend du genre de musique que vous écrivez. L’italien est parfait pour l’opéra, le portugais pour chanter la bossa, l’allemand pour les marches militaires (lol). Vivant en Italie, j’ai produit beaucoup de chansons italiennes mais ce que je fais dans mes disques puise principalement ses racines en Amérique, alors l’anglais convient parfaitement.

Vous avez enregistré une chanson avec David Pack et une autre avec Robbie Dupree. Pouvez-vous me parler de ces expériences et de ces deux artistes ?

Je peux vous dire que ce sont tous les deux de grands artistes, des grands interprètes et des types très sympas aussi. David est l’un des meilleurs chanteurs de blue-eyed soul et Robbie est exceptionnel lui aussi. Pour les deux enregistrements dont vous parlez, j’avais leurs voix en tête lorsque je composais les chansons. Travailler avec eux fut un vrai bonheur.

Vous avez récemment repris une chanson de Noël des Carpenters. Qu’est-ce qui vous a plu dans cette chanson ?

Nous cherchions une chanson de Noël pour en faire un single et mon ami Riziero Bixio, mon batteur et collaborateur depuis 20 ans, m’a suggéré d’écouter cette chanson. J’ai toujours adoré ce groupe mais je ne connaissais pas ce morceau. Je l’ai trouvé délicat, joli et très inspiré. Mon ami Andrea Sanchini lui a donné un aspect soul et la simplicité de la chanson m’a permis d’en faire une version plus moderne.

Pour en revenir au genre west-coast, était-il populaire en Italie ? Et a-t-il un public là-bas ?

Ce que l’on appelle communément la musique west-coast n’a jamais était populaire en Italie, mis à part quelques gros hits de temps à autres de groupes comme Toto ou Chicago, au début des années 80. En ce qui me concerne, je peux vous dire que le marché italien ne représente que 5 % de mes ventes de disques.

Quels sont les pays les plus sensibles à votre musique ?

Je dirais d’abord le Japon. Puis le Danemark et la France, c’est sûr, mais aussi l’Europe du Nord et un peu les États-Unis.

Donnez-vous beaucoup de concerts et aura-t-on l’occasion de vous voir un jour sur scène à Paris ?

J’aimerais beaucoup. Étant avant tout un arrangeur et un producteur, l’essentiel de mon travail se déroule en studio. Je ne fais que quelques concerts de temps à autres, principalement parce que faire un spectacle est assez coûteux : plusieurs musiciens sur scène, quelques chanteurs et chanteuses, des invités… C’est un investissement assez important. Mais qui sait ? En ce qui concerne Paris, je viens d’y passer cinq jours et je suis sûr d’y revenir bientôt !



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Boris Plantier