Larry Williams, de Seawind à Michael Jackson

Samedi 10 Janvier 2015

Interview. Après avoir débuté sa carrière au sein du groupe Seawind à Hawaï dans les années 70, le multi-instrumentiste Larry Williams est devenu un musicien très recherché, travaillant régulièrement avec Michael Jackson ou encore Al Jarreau. Rencontre avec un musicien de session légendaire.


Vous jouez des claviers, du saxophone, de la flûte, de la trompette et cela dans divers genres musicaux. Quels sont votre instrument et genre musical préférés ?

Je ne joue pas de la trompette. Il y a un autre Larry Williams à Los Angeles qui joue de la trompette et qui a participé à quelques enregistrements. Je n’ai pas d’instrument favori. Celui que je préfère, c’est celui dont je suis en train de jouer. J’ai passé des années et des milliers d’heures à jouer de ces instruments à un très haut niveau dans différents genres musicaux. Et j’aime la musique quel que soit le genre, du moment qu’elle est de haute qualité. Si j’étais obligé de choisir un genre, ce serait le jazz progressif parce que je trouve que c’est le genre qui demande le plus de talent.

Quels souvenirs gardez-vous des débuts de Seawind à Hawaï ? Et pourquoi le groupe s’est-il séparé au sommet de son succès en 1982 ?

Je garde beaucoup beaucoup beaucoup de grands souvenirs et d’autres moins bons de ces années durant lesquelles j’ai fait mon apprentissage musical avec ce groupe à Hawaï. Nous avons débuté en jouant dans des clubs et des boites de nuit. Nous jouions des reprises. Tout ce que nous voulions, c’était jouer de la musique ensemble (et être payés pour cela). Au bout de quelques années, on en a eu assez de ne jouer que ça alors on a arrêté de faire de la musique pour danser et on s’est concentré sur nos propres compositions. Je crois que nous sommes le seul groupe non-hawaïen issu de la scène hawaïenne à avoir connu un succès national.

Nous nous sommes séparés parce que notre chanteuse Pauline Wilson était mariée à notre batteur et compositeur principal Bob Wilson et qu’ils ont rompu. Nous avons continué ensemble, sans chanteuse, pendant quelques années mais ce n’était plus la même chose.

Il y avait d’autres bons groupes de soft rock à Hawaï à cette époque comme Kalapana, Lemuria, Summer ou Cecilio & Kapono. Comment étaient les relations entre vous ?

On se connaissait tous bien. C’était une petite île, une petite scène musicale (rire). J’ai fait quelques arrangements de cuivres pour Kalapana et je suis allé jouer du sax et des claviers pour Cecilio & Kapono à l’un de leurs concerts à l’Aloha Stadium, en 1976 je crois. Il y avait à peu près 80 000 personnes. C’étaient des dieux de la pop en ce temps-là.

La section cuivre de Seawind était considérée comme l’une des meilleures de l’industrie musicale et vous avez accompagnés de nombreuses célébrités. Comment tout cela a-t-il commencé ?

J’ai rencontré Jerry Hey et Kim Hutchfroft à l’Université de l’Indiana en 1969 et nous nous sommes très bien entendus. Nous sommes allés tous les trois (mais aussi plein d’autres musiciens de l’Université de l’Indiana) à Hawaï et c’est là que nous avons formé Seawind. Nous partagions le même goût pour le bon rhythm & Blues, le jazz, le funk et l’improvisation. Nous aimions beaucoup les sections cuivre et nous avons conçu la nôtre et créé notre style en écoutant les sections cuivres de Tower of Power, du White Trash d’Edgar Winter, de James Brown, de Chicago, de Blood Sweat & Tears et d’autres encore.

Vous avez joué sur la plupart des albums de Michael Jackson. Comment se sont déroulés les sessions d’enregistrement ?

La première fois que j’ai joué pour Michael Jackson, c’était pour une session dirigée par Quincy Jones pour la bande-son de la comédie musicale The Wiz. Par la suite, j’ai aussi travaillé sur Off the Wall, Thriller, Bad et HIStory. Peut-être pour quelques morceaux pour de bandes son de films aussi. J’ai aussi joué avec Paul McCartney sur « Ebony and Ivory » pour Sir George Martin.

C’est sur Bad que j’ai passé le plus de temps. J’ai passé de nombreux mois à travailler à la programmation de rythmes, aux claviers, au sax et à la section cuivre. Michael Jackson s’est toujours montré timide mais charmant. Toute les sessions organisées par Quincy se sont déroulées dans une atmosphère joyeuse et très créative (et elles étaient aussi payée trois fois plus chères que les autres !). Michael Jackson n’intervenait pas trop dans le travail que les musiciens de sessions effectuaient avec Quincy à l’exception des vocaux. Je pense que le meilleur de Michael a été fait avec Quincy Jones et de loin.

Vous êtes aussi un collaborateur de longue date d’Al Jarreau. C'est comment de travailler avec lui ?

Al est l’artiste le plus chaleureux et le plus généreux du monde. J’adore faire de la musique avec lui. Nous sommes presque partenaires tous les deux.

Avez-vous envisagé de tenter votre chance en solo ?

L’idée d’avoir une carrière solo ne m’a jamais trop intéressée. Je ne ressens pas le besoin d’être au centre d’un projet. Je préfère jouer un petit rôle dans une grande production qu’être le leader d’une petite production. Mais j’ai signé un CD en solo pour Sony Japan parce qu’ils m’ont payé généreusement pour cela et qu’ils m’ont laissé une liberté artistique totale. L’album est sorti en 2001 et s’intitule Larry Williams and Friends – The Beautiful Struggle (voir sur Amazon.fr). Il est actuellement épuisé mais, si tout va bien, il devrait être réédité en Europe l’année prochaine.

Une reformation de Seawind est-elle envisageable ? Quels sont vos projets ?

Voici mon site web qui vous donnera une bonne présentation de ma carrière et de mes projets en cours : http://willyworldmusic.com/

Seawind s’est reformé pour un disque et quelques concerts au Japon en 2005. Actuellement nous travaillons sur de nouvelles chansons et des vidéos et nous espérons tourner ensemble l’an prochain si nos emplois du temps respectifs le permettent.


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Ecoutez Café Vintage, tous les vendredi à 21h sur Yuzu Melodies Paris (rediffusion le samedi à 12h et le dimanche à 15h)
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Boris Plantier