Kim Carnes : « J’aurai toujours en moi cette envie de composer, d’enregistrer et de chanter sur scène »

Dimanche 20 Janvier 2013

Interview. Kim Carnes chantera à Paris lors de la 300e du Bal de l’Elysées Montmartre, dans la nuit du 26 au 27 janvier 2013. Elle a eu la gentillesse d'évoquer sa carrière pour Yuzu Melodies, revenant notamment sur l'enregistrement du hit « Bette Davis Eyes » ainsi que sur sa participation à « We Are the World ».


Kim Carnes : « J’aurai toujours en moi cette envie de composer, d’enregistrer et de chanter sur scène »
Quels sont vos premiers émois musicaux ?

Parmi mes premiers héros musiciens il y avait les Stones, Bob Dylan, Van Morrison, Leonard Cohen, Smokey Robinson et à peu près tout ce qui venait de la Motown.

Vous avez vécu à Los Angeles dans les années 60-70. Comment était la vie là-bas à cette époque ?

J’étais à l’école pendant la plus grande partie des sixties. J’écrivais des chansons et je jouais dans un groupe le week-end. Les Seventies furent une époque palpitante pour ceux qui faisaient de la musique à Los Angeles. Il y avait une très forte communauté musicale là-bas à l’époque. Nous travaillions dur et faisions beaucoup la fête. J’écrivais des chansons pour un petit éditeur de musique pour lequel travaillaient aussi des futures membres des Eagles (J.D. Souther, Don Henley et Glenn Frey). Nous partagions le même studio pour y enregistrer les démos de nos chansons.

Maintenant vous vivez à Nashville. Est-ce que l’endroit idéal pour les musiciens désormais ? La ville est-elle comparable à ce que fut le Los Angeles des années 60 aux années 80 ?

Je ne sais pas si Nashville est l’endroit idéal pour les musiciens d’aujourd’hui mais il est certain qu’on y trouve l’une des meilleures scènes musicales, pleine de vitalité et de diversité. Cela va bien au-delà de la seule musique country. J’ai la chance d’écrire des chansons là-bas avec des compositeurs épatants qui sont une source d’inspiration constante pour moi. Nashville est devenu un aimant qui attire des artistes venus du monde entier. Une ville avec une communauté musicale forte comme ce fut le cas pour le Los Angeles des années 70-80.

Vous avez écrit de nombreuses chansons avec votre mari Dave Ellingson. Pouvez-vous nous parler de votre association ?

Mon mari Dave et moi travaillons ensemble depuis les premières années de ma carrière. Nous avons écrit un album entier pour Kenny Rogers intitulé Gideon. Le premier single extrait de cet album fut le hit « Don’t Fall in Love with a Dreamer » et je chantais cette chanson en duo avec Kenny.

Vous avez repris la chanson de Jackie DeShannon « Bette Davis Eyes » d’une façon radicalement différente de l’original. Comment avez-vous transformé cette chanson ?

Oui, ma version de « Bette Davis Eyes » est très différente de la démo originale. Mon groupe et moi avons répété pendant trois jours en essayant de trouver une façon singulière d’enregistrer la chanson. Le troisième jour Bill Cuomo, mon claviériste, a trouvé le gimmick et le reste de la chanson s’est construit autour de ça. Le jour suivant nous l’avons enregistré live sans overdubs et la seconde prise fut la bonne.

Vous avez participé à l’enregistrement de « We Are the World ». Quels sont vos souvenirs des sessions d’enregistrement ?

J’étais très honorée de participer à « We Are the World ». Tous les artistes impliqués dans ce projet étaient charmants et excités à l’idée d’être là. C’était une soirée magique durant laquelle tous le monde a mis son ego de côté. Pour moi, c’était incroyable d’être dans la même pièce que plusieurs de mes héros. Nous avons enregistré toute la nuit et la cession s’est achevée alors que le soleil se levait. Il s’agit de l’un de mes plus précieux souvenirs.

Votre musique est souvent à la frontière entre la pop et la country. Travaillez-vous différemment selon que vous composez une chanson country ou une chanson pop ?

Lorsque j'écris, j'écris simplement ce qui me passe par la tête. Le rhythm & blues a toujours été une influence majeure pour moi. Je n'écris pas avec un style musical précis en tête. J'écris principalement au piano. En tant qu‘auteur, j’ai eu la chance de signer plusieurs hits country et de voir mes chansons reprises par des artistes country, mais ces chansons n’étaient pas nécessairement country en elles-mêmes. J’écris juste ce que je ressens.

Vous avez enregistré très peu d’albums depuis la fin des années 80. Avez-vous fait le choix de mettre votre carrière de chanteuse entre parenthèses ou est-ce la conséquence des changements dans l’industrie du disque ?

Je n’ai absolument pas mis ma carrière de chanteuse entre parenthèses. J‘ai le même groupe depuis dix-huit ans et nous donnons souvent des concerts. Mon dernier album est aussi mon album préféré. Il s’intitule Chasin’ Wild Trains. Et je suis avant tout une chanteuse/compositrice. Cet album traduit cette idée mieux qu’aucun autre de mes albums précédents. Et en ce moment, je suis en train d’écrire des chansons pour un nouvel album. Et je viens d’écrire deux chansons qui ont été numéros 1 pour un groupe australien qui s’appelle O’Shea. J’ai aussi co-signé la chanson principale de leur album à venir.

Je suis également en train d’enregistrer un duo avec Frankie Miller, un excellent artiste et compositeur britannique. Cette chanson fera partie d’un tribute album.

J’aurai toujours en moi cette envie de composer, d’enregistrer et de chanter sur scène.

Et je suis très excitée à l’idée de revenir à Paris.


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Kim Carnes : « J’aurai toujours en moi cette envie de composer, d’enregistrer et de chanter sur scène »

Boris Plantier