Kenny Loggins au théâtre Marigny (Paris)

Samedi 27 Juin 2009

Le dimanche 21 juin 2009 Kenny Loggins donnait le premier concert de sa carrière en France, sur la scène du beau théâtre Marigny.


Kenny Loggins au théâtre Marigny (Paris)
Kenny Loggins apparaît sur scène accompagné d'un batteur, d'un claviériste et de deux guitaristes. Toujours svelte, vêtu d'un blue-jean et d'une chemise de surfeur, les cheveux et la barbe taillés courts, il semble en pleine forme et heureux d'être là. C'est son premier concert parisien comme il le rappelle le bref discours qu'il lit en français, en début de spectacle. Et dès la première chanson, on peut constater que sa voix est intacte. Une voix sublime de chanteur soul qui vous touche au plus profond de votre être.

La première partie du spectacle est consacrée aux ballades et aux mid-tempos. Kenny Loggins, une guitare acoustique à la main, remonte le temps, commençant par ses années en duo avec Jim Messina (« Danny's Song », « House at Pooh Corner ») avant de s'attaquer à sa carrière solo avec les hits mythiques écrits avec Michael McDonald (« What a Fool Believes », « Heart to Heart », « This Is It ») et d'autres chansons tirées de ses différents albums (« Now & Then », « The Real Thing », « Conviction of the Heart », « Heartlight », « Celebrate Me Home »). C'est sublime, le public se délecte et est déjà debout, d'autant que Kenny Loggins se montre très joueur, il n'hésite pas à le faire participer dès la première chanson, et s'amuse à chanter assis sur le rebord de la scène ou en se promenant dans la salle parmi les spectateurs.

Pour la deuxième partie du show, Kenny Loggins troque ses guitares acoustiques contre des guitares électriques. Le tempo monte d'un cran, la musique devient beaucoup plus musclée, et le public en redemande. Kenny Loggins nous rappelle que, si ses derniers albums sont très paisibles, il fut dans les années 70-80 un redoutable rocker : « Love Has Come of Age », « I'm Alright », « Your Mama Don't Dance », « Danger Zone » et bien sûr « Footloose » sont de la dynamite. Le concert s'achève néanmoins sur un slow : « Forever ».

En pleine forme et plein de bonnes idées, Kenny Loggins décide de ne pas s'arrêter là et appelle le public à le suive dehors puis à revenir au théâtre après. Devant le théâtre, en bordure des Champs-Élysées, le chanteur s'installe sur un banc public, entouré de ses musiciens. Ils interprètent « Love the One You're with » de Stephen Stills puis « Footloose » et « Danny's Song ». Les flashs crépitent, le public danse, chante et tape dans ses mains, mais pas trop fort pour ne rien perdre de la voix du chanteur. Jamais fête de la musique ne fut aussi réussie.

En revanche la suite fut moins glorieuse. Kenny Loggins retourne au théâtre suivi par la foule mais celle-ci est bloquée à l'entrée. « Seulement ceux qui ont un pass, pour le moment » peut-on entendre. On laisse donc entrer les privilégiés patiemment en attendant notre tour mais les portes se referment définitivement devant un public incrédule. Certains partent, d'autres restent, espérant que leur ténacité paiera. Hélas, ce n'est pas le cas. Un organisateur, un cocktail à la main, vient leur dire avec suffisance qu'ils n'ont plus rien à attendre. La surprise laisse la place à la déception et au dégoût. Le public renonce et rentre à la maison. Mais oubliant petit à petit l'inélégance des organisateurs, il laisse revenir en lui les souvenirs d'un concert inoubliable donné par un musicien généreux et fabuleux.


© Boris Plantier