Karla Bonoff : « Mon premier album a une très grosse valeur sentimentale pour moi »

Dimanche 22 Février 2015

Interview. Célèbre pour son travail auprès de Linda Ronstadt, auteur des hits « Someone To Lay Down Beside Me », « All My Life » et « Tell Me Why », Karla Bonoff est une artiste majeure de la scène folk/rock américaine. Elle a eu la gentillesse de répondre à nos questions.


© Erin Fiedler
© Erin Fiedler
Quand votre vocation pour la musique est-elle née ?

Si je me souviens bien, lorsque je devais avoir à peu près quinze ans, il est devenu clair pour moi que ma destinée était dans la musique. L’école de m’intéressait pas et je n’avais pas envie d’aller à la fac après le lycée. A ce moment-là, j’avais déjà rencontré beaucoup de musiciens de la scène de Los Angeles.

Quels sont les musiciens qui vous ont inspiré ?

J’ai été inspirée par différents types de musiques, à commencer par ce que j’entendais à la radio quand j’étais enfant : le rhythm and blues, les Beatles, les Rolling Stones. Plus tard, j’ai commencé à écouter de la musique folk. Des artistes comme Joan Baez, Bob Dylan, Joni Mitchell et James Taylor ont eu une grande influence sur moi par la suite.

Los Angeles était le lieu où il fallait être pour un musicien à la fin des années 60-70. Comment était la vie là-bas à l’époque ? Etait-ce aussi excitant qu’on le dit ?

J’imagine que oui, mais c’était aussi un univers très compétitif et très stressant car nous ne gagnions pas beaucoup d’argent. On se démenait tous pour décrocher un contrat avec une maison de disque et trouver des endroits où jouer. Mais oui, je suppose que pour certains, c’était une époque formidable.

Los Angeles était quand même souvent décrite comme le centre artistique du monde à cette époque. Pensez-vous que L.A. était le cœur d’un véritable mouvement artistique ?

Oui, avec le recul on se rend compte que c’était le cas. Je pense notamment à cette scène de jeunes compositeurs et interprètes qui émergeaient à ce moment-là.

Vous avez formé le groupe Bryndle qui s’est séparé un peu plus tard sans que l’album enregistré ne sorte. Parlez-moi de Bryndle

Bryndle a enregistré un album en 1970 pour le label A&M Records. Il n’est jamais sorti. Nous avons reformé Bryndle dans les années 90 et nous avons enregistré un album qui a été plutôt bien accueilli. Nous avons fait une tournée aussi. Nous avons ensuite enregistré un second album en 2005 qui est toujours disponible à la vente.

Vous avez enregistré quatre albums solo. Lequel préférez-vous ?

Mon premier album a une très grosse valeur sentimentale pour moi et il représente aussi de nombreuses années de travail acharné. Maintenant, je dois tout de même dire qu’il y a, sur chacun de mes disques, des éléments dont je suis très fière. Et puis l’album live enregistré en 2007 est très particulier pour moi car il témoigne du travail de groupe que j’ai effectué avec Kenny Edwards durant de longues années.

Quels sont les thèmes qui vous inspirent quand vous écrivez les paroles de vos chansons ?

L’inspiration est quelque chose de mystérieux et je ne sais jamais vraiment quand elle va venir. A mon avis, écrire une chanson consiste à ouvrir des canaux et laisser sortir les choses. Je pense que j’ai réussi mes meilleures chansons en accédant à une partie très profonde de mon subconscient et en laissant de côté tout jugement ou critique.

Y a-t-il une opportunité manquée dans votre carrière que vous regrettez particulièrement ?

Je pense que toutes les choses se produisent de la façon dont elles doivent se produire, donc je n’ai aucun regret.

Vous tournez toujours. Avons-nous une chance de vous voir en concert en France ou en Europe dans un avenir proche ?

J’aimerais beaucoup évidemment. Nous avons juste besoin que quelqu’un nous invite !


Partager cette conversation : Bookmark and Share



Boris Plantier