John Waite : « La musique américaine a eu une influence gigantesque sur moi »

Samedi 8 Mars 2014

Interview. John Waite sera présent au Frontiers Rock Festival qui se déroulera à Milan au mois de mai 2014. L’occasion de partir à sa rencontre, d’évoquer avec lui sa carrière mais aussi ses groupes The Babys, Bad English et Ringo Starr & his All-Starr Band.


Vous avez grandi en Angleterre dans les années 60. Quels souvenirs musicaux gardez-vous de cette période ?

La musique américaine a eu une influence gigantesque sur moi. Imperceptiblement, la musique de cowboy s’est transformée en rock. J’ai été pris par cette musique dès que j’ai entendu des artistes country comme Brenda Lee et Marty Robbins. C’était exotique et sexuel à un moment où je n’entendais encore rien au sexe. Cette musique me touche toujours profondément. Quant aux Beatles, c’est comme s’ils avaient ouverts une porte. Une porte que j’ai franchi.

Quels sont les musiciens qui ont eu une influence majeure sur votre musique ?

Je ne peux sincèrement pas citer un seul nom d’artiste qui ait eu une influence majeure sur moi. J’étais influencé par tout ce qui m’entourait. Mon frère est un super guitariste. Il était le seul à avoir une guitare Fender à Lanscaster, la ville où nous avons grandi. Le blues a été une révélation pour moi. J’ai toujours eu le même phrasé alors, quand j’ai entendu ces chanteurs, j’ai tout de suite su que j’étais l’un de leurs. Chanter, c’est avant tout exprimer ses émotions avec honnêteté. Si vous en faites trop quand vous chantez, le résultat est sans âme. J’ai compris Paul Rodgers la première fois que je l’ai entendu. John Lennon et Paul McCartney aussi. Et les chanteuses ont vraiment attiré mon attention. Je pense qu’elles sont plus douées que les hommes pour exprimer leurs émotions.

Vous avez toujours obtenu plus de succès aux Etats-Unis que dans votre propre pays. A votre avis, pourquoi ?

Les Anglais n’ont manifesté que peu voir même pas du tout d’intérêt pour le groupe The Babys à nos débuts. C’était l’Amérique et rien d’autre. Et comme c’était la patrie du rock and roll, il semblait naturel d’essayer de percer là-bas. Il y avait vraiment beaucoup de musique qui affluait de Grande-Bretagne. Je pense qu’on était un peu en avance sur notre temps.

C’était comment la vie de rock star dans les années 80 ?

J’ai passé les années 80 à New York alors mes années 80 étaient très tendance. J’étais jeune et là-bas, il se passait beaucoup de choses. On y trouvait tout ce que cherchent les jeunes hommes : du sexe, des drogues et beaucoup de rires. De grands moments !

Quels souvenirs gardez-vous du groupe Bad English et pensez-vous qu’un jour une reformation soit possible ?

Bad English, c’était des compromis, des moments difficiles. Je n’ai jamais regardé derrière moi en me demandant si je pourrais reformer le groupe. Pareil pour The Babys. De toute façon j’ai connu plus de succès en solo. Et je ne fais jamais rien juste pour l’argent. J’ai une vision très claire de ce que je veux faire. Ce n’est pas bon pour l’âme de faire des compromis.

Vous avez participé à la tournée Ringo Starr & his All-Starr Band. Il est comment Ringo ? Et qu’avez-vous pensé de cette expérience ?

C’était intense de jouer avec les All Starrs et c’était parfois très politique. C’était marrant de rencontrer Ringo mais je ne suis pas vraiment un « employé ». J’espère qu’il a été satisfait de ce que j’ai pu apporter au spectacle. Moi, je traite tout le monde de la même façon. Je vous traiterais avec le même respect que vous soyez serveur ou bien la Reine d’Angleterre. C’est ainsi que je vis.

Vous avez enregistré une nouvelle version de votre hit “Missing you” avec Alison Krauss. Comment cela s’est-il fait ?

J’ai enregistré la chanson avec Alison parce que c’est une chanteuse qui sait m’émouvoir. Je l’adore.

Votre dernier album Rough & Tumble est dans la lignée de vos disques précédents. Il n’y a pas de changement de cap dans votre carrière. Est-ce parce que vous avez trouvé votre voie ?

Le style de musique que je joue ne change pas parce que c’est tout ce que je sais faire. Je ne cherche pas à imiter les autres et c’est là ma plus grande force. Vraiment. Je ne sais pas tricher. Je ne peux pas faire les choses autrement que telles que je les fais.

Vos chansons vieillissent bien. Quelle est votre recette pour composer et enregistrer de telles chansons ?

L’honnêteté est essentielle en musique. Si vous essayer juste d’écrire une chanson accrocheuse, ça ne sert à rien. La musique grand public est horrible. La musique est un miroir. C’est le mode de communication le plus universel. Platon disait que la musique pouvait faire avancer la politique. « Give Peace a Chance » a donné au monde un slogan pour mettre un terme à la guerre du Vietnam. Pas mal !!!

Le 3 mai 2014, vous chanterez au Frontiers Rock Festival à Milan. Pouvez-vous m’en dire plus sur le show ? Est-ce qu’il ressemblera à ce qu’on peut entendre sur votre album live All Access ?

J’ai hâte de venir avec mon groupe au Frontiers Rock Festival. Ce sera le même groupe qui jouait avec moi sur l’album All Access. C’est le meilleur groupe auquel j’ai jamais appartenu. Et j’ai bien l’intention de tout déchirer.

Y a-t-il une chance de vous voir bientôt en concert en France ?

On est à la recherche d’autres concerts à donner en Europe. Ce serait super de jouer en France. Je suis européen alors ça a plus d’importance pour moi que ce que vous pouvez imaginer. Je songe aussi à partir en tournée parce que j’ai une compilation de mes plus grands succès qui va sortir le mois prochain.


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Boris Plantier