John Mayall : « Mon intérêt pour le blues remonte à 1947 lorsque j’avais 13 ans »

Vendredi 21 Mars 2014

Interview. John Mayall est actuellement en tournée dans toute l’Europe à l’occasion de la sortie prochaine de l’album A Special Life. Il sera en concert à Bruxelles (Ancienne Belgique) le 22 mars, à Esch sur Alzette (Rockhal au Luxembourg) le 17 avril, et à Paris (New Morning), le 18 avril. Rencontre avec le doyen des bluesmen britanniques.


Comme beaucoup de musiciens britanniques apparus dans les années 60, vous avez été influencé par le blues. Pourquoi cet intérêt spontané de tous ces jeunes gens pour cette musique venu d’un univers totalement différent du leur ?

Mon intérêt pour le blues remonte à 1947 lorsque j’avais 13 ans et que j’apprenais tout seul à jouer du boogie woogie et du blues sur le piano de l’école. Dans ces conditions, il serait juste de préciser que beaucoup de ces musiciens dont vous parlez n’étaient même pas nés à cette époque. La seule différence entre eux et moi, c’est que, pendant près de deux décennies, je n’ai pas eu un public qui comprenne ce genre de musique. Il a fallu attendre qu’Alexis Korner et Cyril Davies fondent un endroit où des musiciens encore adolescents, tels que les célébrités dont vous voulez parler, ont pu enfin découvrir et apprendre cette musique.

Les musiciens britanniques des années 60 passaient facilement d’un groupe à l’autre. Dans votre groupe les Bluesbreakers, vous avez ainsi vu défiler Eric Clapton, Peter Green, Mick Taylor ou encore John McVie. Etait-ce un milieu communautaire ou plutôt individualiste ?

Je dirais que, parce que la musique était un moyen d’expression assez neuf, tous les musiciens, quelle que soit leur valeur, ont commencé à développer leur propre style. Tout le reste n’est qu’histoire. C’était vraiment une époque très excitante.

En 1964, vous avez accompagné John Lee Hooker lors de sa tournée britannique. Quel souvenir gardez-vous de cette expérience ?

La chose la plus importante que j’ai apprise en jouant avec John, c’était cette dynamique grâce à laquelle vous n’aviez pas besoin de jouer à plein volume.

En 1968, vous avez enregistré l’album Blues from Laurel Canyon. Pouvez-vous me parler de la vie à Laurel Canyon à cette époque ?

C’était excitant. J’ai découvert ce que pouvait être la vie à Los Angeles et ça ne m’a pas déçu. J’ai ressenti le besoin de mettre en musique mes expériences et mes aventures là-bas et il en résulta ce Blues from Laurel Canyon. Je n’ai plus jamais quitté Los Angeles depuis.

Pour vos 40 ans de carrière, vous avez enregistré l’album Along the Ride avec des invités prestigieux. Quels souvenirs gardez-vous de cet enregistrement ?

C’était une super expérience pour moi de réunir ensemble autant de mes musiciens préférés. Ce fut un peu compliqué à organiser mais nous avions déjà préenregistrés la plupart des accompagnements à Los Angeles et ensuite, j’ai pris les bandes et je suis allé à Londres pour y recueillir le talent des musiciens qui vivaient là-bas. Je suis aussi allé à Chicago pour y travailler, sur d’autres morceaux, avec Shannon Curfman et avec le grand Otis Rush. Mon bassiste actuel, Greg Rzab apparaît sur le morceau que j’ai enregistré avec Otis.

Comment faites-vous pour jouer du blues quand vous traversez des périodes de grand bonheur ?

J’ai toujours eu une vision optimiste de la vie comme on peut s’en rendre compte à l’écoute du morceau « A Special Life » sur mon nouvel album. Il est possible de vivre une vie de bonheur et d’accomplissement et, dans le même temps, de saisir l’essence même des expériences de la vie et de la reproduire dans le blues.

Il y a beaucoup de reprises dans A Special Life, votre prochain album. Comment avez-vous choisi ces chansons ?

Pour une fois, toutes les chansons relèvent du blues pur et dur. Certaines sont plus traditionnelles que d’autres. Le moment était venu d’honorer mes racines.

Vous tournez dans toute l’Europe et vous retrouverez Paris pour un concert au New Morning le 18 avril. Pouvez-vous m’en dire plus sur ce concert ?

Le concert à Paris sera presque le dernier concert de cette tournée. Je serai accompagné par le même groupe qui joue avec moi sur scène et bien sûr sur les disques depuis ces cinq dernières années. Ce sont eux qui m’accompagnent depuis que j’ai définitivement dissous les Bluesbreakers : Rocky Athas à la guitare, Greg Rzab à la guitare basse et Jay Davenport à la batterie. Vous pouvez retrouver la présentation de mon groupe sur mon site johnmayall.com. Je vous attends à Paris.


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Boris Plantier