Joe Jackson et Todd Rundgren au Bataclan (Paris)

Jeudi 15 Juin 2006

Sentiment mitigé après la première représentation du duo Joe Jackson / Todd Rundgren à Paris. Si le chanteur jazzy anglais fut impeccable, le fantasque chanteur américain s'est montré beaucoup moins inspiré qu'en studio.


Joe Jackson et Todd Rundgren au Bataclan (Paris)
Le moins que l'on puisse dire est qu'il n'y avait pas foule au Bataclan pour voir le premier des deux concerts parisiens du duo inattendu Joe Jackson / Todd Rundgren. Au point que les balcons ont été fermés et que les spectateurs ont été invité à se placer librement en orchestre.

Pour ouvrir le spectacle, le quatuor à cordes new-yorkais Ethel a eu toutes les peines du monde à chauffer la salle malgré sa fougue et sa charmante petite blonde au violoncelle. Il faut dire que même si le répertoire de Ethel n'était pas issu de la musique classique (blues, musique traditionnelle finlandaise), il était à des lieues des compositions pop/rock des deux stars à l'affiche ce soir là.

Joe Jackson assure
Premier à entrer en scène, même s'il est franchement plus connu que Todd Rundgren en France, Joe Jackson, grand blond mince est apparu sur scène dans un costume noir et s'est installé au piano. Seul, il a revisité ses classiques (« Steppin' Out », « Is she really going out with him ? » ou encore « It's different for girls », dédié avec une certaine ironie à Michael Jackson dont l'acquittement avait été annoncé dans la journée) et interprété des titres moins connus dont un inédit « Citizen Sane » dédié à tous ceux qui ont voté non au référendum sur la constitution européenne. Le chanteur qui s'exprimait dans un français parfait n'a eu aucun mal à séduire le public. L'élégance et le swing de ses chansons, dépouillées de leurs arrangements parfois un peu new-wave, ont donné au show une allure néo-Gershwienne des plus plaisantes.

Todd Rundgren se plante
La salle était donc bien chaude après le passage de Joe Jackson mais Todd Rundgren n'a pas su en profiter. Ce multi-instrumentaliste, génial en studio, s'est montré très décevant sur scène. Certes il était plutôt à l'aise, montrant des talents certains d'entertainner en multipliant les blagues et les exubérances, mais Todd Rundgren, seul sur scène, a massacré ses plus belles chansons (« I saw the light », « Hello it's me », « It wouldn't have made any differences »). Qu'il s'accompagne d'une guitare ou d'un piano, on ne reconnaît presque plus les mélodies. Où sont donc passés les merveilleux arrangements que l'on peut entendre sur les disques ? On ne retiendra de positif que son interprétation de « Bang on a drum all day » accompagné au ukulele. Le public gêné par une si mauvaise performance ne semble applaudir que par courtoisie. On entend d'ailleurs parfois un brouhaha venant du bar, au fond de la salle.

Heureusement, pour la fin du spectacle revoilà Joe Jackson et Ethel. Ainsi entouré, Todd Rundgren parvient à se contrôler et la qualité du spectacle remonte à l'image de cette reprise de « While my guitar gently weeps », très inspirée, jouée lors du rappel.


© Boris Plantier