James Taylor

Dimanche 11 Janvier 2009

Depuis la fin des années 60, il chante de douces chansons pop/folk en s’accompagnant à la guitare sèche. Et pourtant, le public ne s’est jamais lassé et fait de chacun de ses disques et de ses tournées un évènement. Portrait d’un grand maître.


Débuts laborieux
Malgré toute l'importance et la durée exceptionnelle de la carrière de James Taylor, seules quelques biographies (mais en anglais seulement) lui sont consacrées et trop peu d'articles dans la presse francophone (on note cependant un des derniers numéros de la revue Crossroads à propos de son dernier disque Covers et quelques brefs passages du livre Hôtel California : les années folk rock de Barney Hoskyns (dont la traduction française vient de sortir en 2008). Le livre fait plutôt la part belle à d'autres musiciens « folk » de sa génération tels Neil Young, Joni Mitchell ou Linda Rondstadt, tous excellents par ailleurs.

James Taylor est né en 1948 à Boston (USA) mais grandit en Caroline du Nord où son père enseigne à l'université. Il apprend d'abord le violoncelle et la théorie musicale et se met rapidement à la guitare dès le début des années 1960. Son style dans cet instrument s'est développé en écoutant différents styles mais on sent vite l'influence de Woody Guthrie, un point commun avec Bob Dylan, son prédécesseur sur la scène folk et beaucoup de musiciens de sa génération. Taylor rencontre Danny Kortchmar (guitare) qui deviendra son accompagnateur attitré. Se basant sur sa très bonne technique musicale, Il devient vite auteur-compositeur-interprète.

Il forme un premier groupe The Corsayers avec son frère puis The Flying Machine en 1967 (avec lequel il sortira un album qu'il ne reconnait pas vraiment) avec Kortchmar puis s'installe à New York. Il signe en 1968 son premier album intitulé simplement James Taylor produit par Peter Asher, mais le succès reste confidentiel. Il intègre cependant la vague des songwriters de l’'époque en compagnie de Joni Mitchell, Cat Stevens, Carole King, John Denver, et la très expressive Carly Simon sa future épouse.

Dès 1969, il se produit sur scène au très célèbre Troubadour Club de Los Angeles puis au Newport Folk Festival, en juillet 1969 avant de s'installer en Californie.

Le succès enfin !
La reconnaissance de son talent arrive avec son deuxième album Sweet Baby James qui rencontre un énorme succès notamment avec le titre « Fire and Rain ». On s'intéresse alors à son premier album et à la chanson qui est véritablement un hymne à son état d'adoption « Carolina in My Mind ». La musique de Taylor va bien au-delà du folk et mêle le rock, la country music et même le rhythm and blues (James Taylor cite étonnamment Otis Redding comme une de ses principales influences).

Taylor travaille ensuite avec Dennis Wilson des Beach Boys sur le film Two-Lane Blacktop (Macadam à deux voies récemment réédité en DVD). Il s'agit d'un excellent road-movie qui marque la rupture entre le cinéma classique hollywoodien et celui des années 70 nettement plus engagé.

En 1971, Taylor réalise l'album Mud Slide Slim and the Blue Horizon qui sera la référence discographique de l'artiste avec la très belle version de « You've Got a Friend » de Carole King qui participe à l'album en compagnie de Joni Mitchell et de très bons musiciens de studio (Craig Doerge aux claviers, Russ Kunkel à la basse et Leland Sklar à la basse).

Taylor participe ensuite aux albums de Neil Young (Harvest et Harvest moon), on l'entend notamment sur les titres « Heart of Gold » et « Old Man ». En 1972, il compose l'album One Man Dog et épouse l'auteur-interprète Carly Simon. Viennent ensuite Walking Man (1974) et Gorilla avec la très belle reprise de « How Sweet It I (to Be Loved by You) » de Marvin Gaye suivi par In the Pocket (1976) et une compilation de ses succès (Greatest Hits).

Les années 1980-1990
Au milieu des années 1980, James Taylor est sur le point de se retirer et d'accomplir sa dernière obligation professionnelle, sa participation au festival Rock in Rio en 1985. Cependant, il est lui-même très étonné de la réception de son concert (250.000 personnes enthousiastes), juste avant le show de George Benson. Deux jours plus tard, les deux artistes devaient jouer dans le même ordre, mais parce que la performance remarquée de Taylor avait causé du retard, Benson lui propose d'inverser les shows. Suite à la très bonne réception des concerts, il décide de reprendre en main sa carrière. La très belle chanson « Only a Dream in Rio » a été écrite en hommage à cette soirée-là comme témoignage : « I was there that very day and my heart came back alive ». L'album That's Why I'm Here d'uquel est tirée la chanson, atteint un très haut niveau de qualité. En 1988, il enregistre Never Die Young et part régulièrement en tournée. Suivent plusieurs albums dont un double live en 1993 qui marque le retour de James Taylor à la scène.

Nouvelle décade, nouveaux chemins
En 2001 sort l'album October Road. La même année, il contribue à Sailing to Philadelphia de Mark Knopfler. En 2002, Taylor s'associe à la chanteuse de bluegrass Alison Krauss et reprend la chanson « The Boxer » en hommage à Paul Simon. En 2004, il enregistre James Taylor: A Christmas Album. Viennent en suite des apparitions sur scène en compagnie de l'excellent groupe de country féminin The Dixie Chicks. Avant le concert de Dixie Chicks, la lead singer Natalie Maines le remercie en disant qu'il a toujours été un de ses héros musicaux et sa principale source d'inspiration. En 2007, One Man Band sort en CD et en DVD suivi d'une tournée en solo très réussie.

En novembre 2007, Taylor, accompagné de ses musiciens et de Carole King retourne aux sources avec une série de 6 concerts mémorables au club Troubadour de Los Angeles, la scène de ses débuts. Ces concerts marquent l'anniversaire des premiers concerts dans le club où Taylor, King, Mitchell et beaucoup d'autres ont débuté. En janvier 2008, Taylor enregistre en prise directe 20 reprises pour un nouvel album live en studio Covers qui sort en Septembre 2008 et culmine dans les charts avec près de 100.000 exemplaires vendus et une kyrielle de nominations. Les reprises de classiques de la musique nord-américaine de Buddy Holly, Dixie Chicks, The Temptations et Eddie Cochran sont surprenantes. A retenir « Summertime Blues » (E. Cochran) et la très originale version de « Suzanne » (Léonard Cohen). Tout le talent consiste à la transformation et le travail d'appropriation de ces thèmes musicaux. L'été 2008, Taylor et son groupe sillonne 34 villes américaines avec une tournée intitulée James Taylor and His Band of Legends.


A propos de James Taylor :

== CD ==
James Taylor - Covers (2008)
James Taylor - Flag (1979)


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© Jean-Marc Lavaur