Hollywood et la première guerre mondiale

Lundi 19 Juin 2017

Le reportage "Hollywood et la première guerre mondiale" mêle les archives des années 1910 aux images contemporaines de Los Angeles et fait revivre, avec des historiens américains, les films hollywoodiens de propagande anti-allemande. Son auteur, Florence Gaillard, nous en dit plus sur ce reportage qui sera diffusé sur France 24, le samedi 24 juin à 22h10.


D'où venait l'initiative et quel était l'objectif de la propagande anti-allemande à Hollywood durant la première guerre mondiale ?

Les États-Unis entrent en guerre le 6 avril 1917 alors que Woodrow Wilson s’est fait réélire un an plus tôt en promettant de rester hors du conflit. Washington contacte alors Hollywood pour l’aider à « vendre la guerre » au public américain. Hollywood refuse d’abord, puis, sous la menace, obtempère. Bientôt, la coopération s’avère lucrative : actualités du front, reportages de guerre, court-métrages patriotes et films de propagande alimentent le cinéma américain et le box-office se porte bien….

Combien de films de propagande ont été produits et quels sont les films les plus marquants ?

Des milliers de films ont été produits pendant la guerre et beaucoup traitaient du conflit sans nécessairement être partisans.

Les films les plus marquants en 1917 et 1918 sont « La petite Américaine » de Cecil B. deMille, « Johanna Enlists » avec Mary Pickford, «Hearts of the World » de David W. Griffith et « Shoulder Arms » de Charlie Chaplin.

Que racontaient ces films ?

« La petite Américaine » hésite entre deux amoureux : l’un français, l’autre autrichien… mais quand Angela embarque pour l’Europe, son navire est torpillé par un sous-marin allemand, comme le Lusitania en 1915. Quand elle arrive en France, elle assiste aux atrocités perpétrées par les Allemands et choisit son camp : celui des alliés. Dans « Johanna Enlists », Mary Pickford appelle carrément les spectateurs à s’enrôler et les troupes à ne revenir qu’après avoir arraché la victoire aux Allemands !

« Hearts of the World » est un film de propagande commandé par le gouvernement britannique. Le réalisateur David W. Griffith a été invité à filmer le front dans la Somme et il a incorporé ces scènes de guerre dans un mélodrame qui dénonce la brutalité allemande.

Enfin, Charlie Chaplin montre la souffrance des soldats et la cruauté de la guerre dans « Shoulder Arms ».

Quel accueil ces films ont-ils reçu et les commanditaires ont-ils été satisfaits du résultat ?

Les films de guerre ont été très bien reçus par le public américain, qui suivait attentivement le conflit en Europe depuis 1914.

La propagande cinématographique a largement dépassé les attentes de Washington qui n’a jamais demandé à Hollywood de caricaturer les Allemands comme des Huns sanguinaires. C’est pourtant ce qu’on voit sur les écrans dans des films ultra-nationalistes. En 1918, Washington sollicite aussi les acteurs populaires comme Douglas Fairbanks, Charlie Chaplin, Mary Dressler et Mary Pickford pour la campagne de souscription des emprunts de guerre. Cette campagne est un triomphe : les stars prennent alors conscience de leur notoriété.

Quelle a été la principale difficulté pour réaliser ce documentaire ?

Le documentaire a nécessité de longues recherches d’archives, de photographies et de films d’époque. Certains n’ont pas été conservés, ils ont donc disparu, même si on connaît leur existence. Le tournage à Los Angeles, lui, s’est très bien déroulé : les Américains nous ont volontiers ouvert les portes des lieux historiques, musées et sites mythiques comme les Huntington Gardens, la grange de Cecil B. deMille ou encore le Hollywood Sign.

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Boris Plantier