Henry Kapono : « C'était excitant de jouer devant 60 à 80.000 personnes »

Samedi 6 Juin 2015

Interview. Célèbre pour le duo Cecilio & Kapono dans les années 70, Henry Kapono est l'un des plus grands représentants du son soft rock hawaïen. Il a eu la gentillesse d'évoquer sa carrière avec moi.


Comment était la vie à Hawaï pour un musicien à l'époque où vous avez commencé votre carrière ?

Il y avait tellement de musique partout. Waikiki ressemblait à Bourbon Street à Los Angeles. Un magasin de bonbons pour un musicien. Il y avait de super groupes qui venaient du monde entier et qui jouaient live. C'était excitant !

Comment avez vous rencontré Cecilio Rodriguez ?

Grâce à mon ami Johnny Isara. Il m'a parlé de lui puis nous nous sommes rencontrés sur la côte nord et c'est ainsi que tout a commencé. On s'est très bien entendu, très naturellement.

Quel est le meilleur souvenir que vous gardez de vos années Cecilio & Kapono ?

Lorsque nous avons joué à Austin, au Texas. Nous partagions l'affiche avec Santana, Gary Wright, America et Peter Frampton. On avait tous une chanson dans le Top 10 et c'était le jour où Peter Frampton est devenu numéro un alors il était en tête d'affiche. C'était excitant de jouer devant 60 à 80 000 personnes. Et le jour suivant, nous jouions de nouveau dans un club. C'était le retour à l'ordinaire.

Pourquoi le groupe s'est-il séparé ?

En ce qui me concerne, je fondais une famille et, même si nous prenions beaucoup de plaisir à faire ce que nous faisions, nous ne gagnions pas beaucoup d'argent. Notre manager Bill Thompson, qui fut le meilleur manager que nous aillons jamais eu jusqu'à ce que mon épouse Lezlee prenne notre carrière en main, s'est fait viré par notre bailleur de fonds, un agent très arrogant. A partir de là, tout s'est effondré et j'ai compris que si je voulais persévérer dans la musique, je devais bien connaître tout le business qui va autour. Nous étions mal entourés et j'avais besoin d'un nouveau départ. Les temps changeaient. La musique live disparaissait au profit des boites de nuit. Il fallait que je trouve mon chemin.

Il y avait beaucoup de groupe talentueux à Hawaï à cette époque (Kalapana, Lemuria, Summer, Seawind). Etiez-vous en contact ?

Oui, nous nous soutenions les uns les autres. Nous avions chacun notre propre son et nous faisions tous la musique que nous aimions. C'était une super époque pour un musicien.

Comment définir le son hawaïen ?

Le son hawaïen se trouve dans l'âme de l'île. Il traduit ce que nous ressentons et la manière dont nous vivons chez nous, dans ce monde que l'on appelle paradis. C'est une musique marquée par le rythme de l'océan, les montagnes, le vent, les gens et le soleil.

A vos tout débuts, vous avez fait une tournée au Vietnam durant la guerre. Quels souvenirs gardez-vous de cette expérience ?

Ça a changé ma vie. J'avais 20 ans et je me retrouvais dans une guerre qui était complètement inutile. J'ai passé une année à jouer dan
s des bases militaires pour les troupes. Je jouais, mangeais et dormais avec ma guitare. Ce fut un évènement salvateur pour moi. Lorsque j'ai quitté le Vietnam, j'étais reconnaissant. Je savais ce que le mot liberté voulait dire, je savais à quel point la vie était précieuse et que j'avais la chance de pouvoir profiter de chaque jour.

Où puisez-vous votre inspiration ?

Je trouve l'inspiration tout autour de moi. Je n'ai qu'à écouter et m'ouvrir au monde pour sentir la vie tout autour de moi. Mon épouse et mes enfants m'inspirent beaucoup aussi.

Et quels sont les thèmes qui vous inspirent pour écrire des paroles ?

La paix, l'amour, la famille, le bonheur. Mes plus grandes influences sont John Lennon, Bob Marley et Jimi Hendrix. Ils représentent la paix dans le monde.

Lesquels de vos albums solo recommanderiez-vous à quelqu'un qui voudrait découvrir votre musique ?

Henry parce qu'il contient le bonheur de l'amour, de la vie, de la famille. Home in the Islands sur lequel je transmets mon amour pour les îles. The Wild Hawaiian sur lequel j'évoque l'amour que j'éprouve pour ma culture, mon passé, ma fierté et mon envie de faire avancer la culture. Et Duke's on Sunday sur lequel je parle de mon amour pour les gens et aussi de mes racines rock.

C'est souvent au Japon que je trouve vos disques. Quels sont les pays qui apprécient le plus votre musique ?

Sans aucun doute Hawaï mais il y a des gens qui m'écoutent partout dans le monde.


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Boris Plantier