Heart : « L’expérience est le meilleur des professeurs pour un musicien »

Dimanche 16 Février 2014

Interview. Heart sort le CD, DVD et Blu-ray Fanatic Live from Caesars Colosseum enregistré lors de la tournée qui suivit la sortie de l’album Fanatic en 2012. L’occasion d’évoquer la carrière du groupe avec sa chanteuse, Ann Wilson.


On retrouve tous les moments de la carrière de Heart sur l’album Fanatic Live from Caesars Colosseum. Quelle est la période que vous préférez ?

Ma période préférée est celle durant laquelle nous avons enregistré Fanatic. A ce moment-là, aucun doute là-dessus, nous avons su donner une orientation plus forte à notre musique.

Votre premier album Dreamboat Annie a très bien vieilli. Quelle est la recette pour écrire une chanson intemporelle ?


Je pense qu’il faut s’attacher à écrire des paroles poétiques et universelles. Et surtout ne pas coller au style de quelqu’un d’autre.

Pouvez-vous me parler de l’enregistrement de l’album Heart sorti en 1985 ? Deviniez-vous qu’il connaitrait un tel succès ?

L’enregistrement de l’album Heart en 1985 était avant tout un travail. On ne s’est pas amusés. Nous étions animés d’une détermination froide, forte, pour que l’album soit un succès. Nous étions prêts à faire tout ce qu’il fallait pour cela. Et quand l’album est effectivement devenu un succès, nous étions excités mais pas du tout surpris parce que c’était un disque vraiment dans l’air du temps.

Et concernant votre look dans les années 80, c’était votre choix ?

Tout à fait. Nous avons commencé à nous sentir très impliquées dans l’image que nous voulions donner de nous-même mais après près d’une année à porter des corsets, des talons aiguilles, des extensions de cheveux, des faux ongles en acrylique et du maquillage comme les actrices dans les films, nous étions prêtes à redevenir nous-mêmes, telles que nous étions au naturel. Mais finalement, ça n’a pas été si facile que cela. Les gens venaient aux concerts et souhaitaient nous voir telles que nous apparaissions dans les vidéo clips. Et, soir après soir, nous mourions de chaud avec la chaleur et l’humidité qui régnaient sur scène. Quand je repense à cette époque, je me demande comment nous avons fait pour supporter nos lourds costumes pendant si longtemps.

Et pouvez-vous me parler de The Road Home, un album magnifique sur lequel vous avez très joliment transformé vos succès rock des années 80 ?

The Road Home a été produit par John Paul Jones (Led Zeppelin). Il est venu à Seattle pendant un mois pour nous aider à préparer cet album et à l’enregistrer. On l’a enregistré dans un petit club qui s’appelle le Backstage. Nous y avons joué plusieurs soirs de suite. C’était vraiment très excitant de travailler et de jouer avec John Paul Jones. C’est un merveilleux musicien !

Le monde a beaucoup changé depuis vos débuts dans les années 70. Est-ce que ces changements, quels qu’ils soient, sont une source d’inspiration pour vous ?

Tout à fait. Ce qui se passe dans le monde a toujours une influence sur notre travail d’écriture et de composition.

Ce mélange de hard rock et de chansons plus acoustiques sur Fanatic rappelle Led Zeppelin et la chanson « Mashallah ! » est très zeppelinienne. Quelles sont vos influences ?

Bien évidemment, Led Zeppelin est un groupe qui nous a toujours inspiré. Mais ce n’est pas le seul. Beaucoup d’autres artistes nous ont inspiré. En ce qui me concerne, je suis très inspirée par la World Music et c’est là que j’ai puisé mon inspiration pour écrire « Mashallah ».

Comment vous répartissez-vous les vocaux ?

Le plus souvent, c’est celle qui écrit les paroles qui interprète la chanson.

Êtes-vous meilleure musicienne et chanteuse maintenant qu’à vos débuts ?

Absolument. Je suis plus précise, plus à même d’exprimer des émotions sans tomber dans l’hystérie. Je pense que l’expérience est le meilleur des professeurs pour un musicien.

Fanatic Live from Caesars Colosseum a été enregistré au Windsor, à Toronto. Pourquoi avez-vous choisi cet endroit pour l’enregistrement ?

Il s’agissait d’une étape comme une autre dans notre tournée mais il se trouve qu’il y avait là-bas une belle scène avec de merveilleux éclairages. En d’autres termes, c’était l’endroit parfait pour enregistrer le concert.

Vous avez votre étoile sur le Hollywood Boulevard, vous faites partie du Rock n’ Roll Hall of Fame, votre prochain challenge pourrait être de venir jouer en France…

Il y a beaucoup de travail à faire en coulisse pour que nous puissions venir en Europe. Nous voulons tous faire ce voyage et, à un moment où à un autre, cela se fera.



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Boris Plantier