Grand Funk Railroad : « Nous étions fortement influencés par la Motown et toute la musique R&B »

Samedi 1 Mars 2014

Interview. Grand Funk Railroad fête ses quarante-cinq de carrière. L’occasion de discuter avec Don Brewer, batteur, chanteur et membre fondateur du groupe.


Il y a beaucoup de rhythm & blues dans la musique de Grand Funk Railroad. Quelles étaient vos influences musicales ?

Nous étions fortement influencés par la Motown et toute la musique rhythm & blues. Wilson Pickett, Otis Redding, Aretha Franklin, Howard Tate.

Nous avons grandi à Flint, une ville qui n’était qu’à quelques kilomètres de Detroit et de la Motown. Et là-bas, à Flint, nous avions une station de radio qui programmait de la musique noire et nous passions notre temps à l’écouter. Elle s’appelait WAMM. C’est sur cette station que nous avons entendu pour la première fois « Some Kinda Wonderful » par le groupe Soul Brother Six, une chanson que nous avons reprise en 1975 et avec laquelle nous avons obtenu un énorme succès.
Sinon, en tant que batteur, j’ai surtout été influencé par Dino Danelli (The Rascals), Mitch Mitchell (Jimi Hendrix) et Ginger Baker (Cream).

Grand Funk Railroad était célèbre pour ses performances live. Est-ce vrai que vous avez rendu Led Zeppelin jaloux ?

Pour nos premiers albums, à partir de 1969, nous avons beaucoup bataillé en studio pour tenter de recréer ce que nous avions le sentiment de faire en live sur scène. Mais les studios et les ingénieurs du son n’étaient pas bons pour enregistrer du rock lourd et brut. Et c’est cette musique que nous jouions sur scène et dans laquelle nous excellions. J’estime que ce n’est qu’à partir de 1972, quand nous avons travaillé avec Todd Rundgren, que nous avons commencé à être enregistrés correctement.

Et pour répondre à votre question, oui, Led Zeppelin nous a viré de sa tournée parce qu’ils voyaient que le public réagissait vraiment bien à notre set et ça ne leur a pas plu.

En 1973, Grand Funk Railroad a pris une orientation musicale radicalement différente et a commencé à jouer une musique plus sophistiquée. Quelle est la cause de ce changement ?

En 1973, nous avons dû changer de direction musicale pour différentes raisons. D’abord, parce que nous nous battions contre Terry Knight, notre ancien manager, pour conserver le droit d’utiliser le nom Grand Funk Railroad et, à cause de ce conflit, nous nous sommes retrouvés fauchés.

C’est aussi parce que les radios musicales ont changé en 1972-1973. Elles sont passées d’une programmation orientée albums à une programmation formatée pour la musique pop. Les chansons devaient être plus commerciales et plus courtes.
Afin de faciliter la transition entre notre style de musique, conçue pour des albums, et un style de musique plus commercial, nous avons embauché Todd Rundgren pour nous produire. Et j’ai commencé à m’impliquer davantage dans l’écriture des chansons, dans les arrangements et à chanter aussi. A ce moment-là de notre carrière, soit nous coulions soit nous nagions, et nous avons choisi de nager.

L’album Born to Die est très sombre et désillusionné. Pourquoi ?

Effectivement, Born to Die a été conçu comme le dernier chapitre de Grand Funk. Il y avait des conflits au sein du groupe pour savoir quelle orientation nous souhaitions donner à notre musique. Et puis nous voulions aussi en finir avec le contrat qui nous liait à Capitol. La combinaison de ces deux éléments a produit cet état d’esprit que l’on entend sur le disque.

Le groupe n’est pas parti s’installer à Los Angeles où se trouvait l’industrie musicale. Est-ce parce que vous vouliez rester en dehors du système ?

Nous avions vu ce qui était arrivé à de nombreux artistes qui ont été happés par la scène new-yorkaise ou celle de L.A. et nous avons fait le choix de rester dans le Michigan où se trouvaient nos familles et nos amis. Je pense que ce fut un choix judicieux.

Le cinquantenaire du groupe approche. Avez-vous des projets particuliers ? Et peut-on espérer vous voir sur scène en France ?

Et bien, notre cinquantenaire est tout de même dans cinq ans encore. Beaucoup de choses peuvent se produire d’ici là alors nous allons juste attendre et voir ce qui va se passer. Et, pour le moment, nous ne projetons pas de venir en France.


Bookmark and Share



Boris Plantier