Frankie Valli & the Four Seasons, l’histoire des Jersey Boys

Jeudi 12 Juin 2014

Les Four Seasons et leur chanteur Frankie Valli sont devenus un mythe, le symbole de la pop sucrée des années 60 et une source d’inspiration pour de nombreux artistes parmi lesquels Billy Joel, qui n’a jamais cessé de proclamer son amour pour ce groupe que la comédie musicale et le film Jersey Boys ont fait découvrir aux nouvelles générations.


Venu du New Jersey, le groupe The Four Seasons apparaît en 1961. Ce quatuor vocal s’est construit autour de trois hommes : le chanteur Frankie Valli, l’instrumentiste et compositeur Bob Gaudio et le producteur Bob Crewe. Ensemble ils vont construire la plus fameuse machine à hits du début des années 60 avec des chansons pop aux mélodies entêtantes qui vous accrochent à la première écoute.

Les atouts majeurs du groupe sont la voix de falsetto de Frankie Valli, mise en avant alors qu’à cette époque ce registre de voix n’était utilisé que dans les chœurs, et les compositions de Bob Gaudio, car avant de rencontrer ce génial mélodiste, les différentes tentatives de Frankie Valli pour décrocher un hit s’étaient toutes soldées par des échecs.

Le premier hit des Four Seasons s ’intitule « Sherry ». Il sort en 1962 sur le label Vee-Jay Records et se classe en tête des ventes. Tout est déjà en place. Le groupe détient la recette magique et la décline avec brio : « Big Girls Don’t Cry » (#1), « Walk Like a Man » (#1), « Candy Girl »(#3) puis à partir de 1964 chez Philips : « Dawn (Go Away) » (#3), « Ronnie » (#6), « Rag Doll » (#1), « Let’s Hang On ! » (#3), « The Sun Ain’t Gonne Shine Anymore », « Working My Way Back to You » (#9), « Silence Is Golden ». Tout réussi aux Four Seasons même lorsque ils s’amusent à reprendre le « Don’t Think Twice » (#12) de Bob Dylan incognito en prenant comme nom The Wonder Who?

A partir de 1966, Frankie Valli mène une double carrière. Il poursuit ses enregistrements avec les Four Seasons (« Beggin’ » (#16), « C’mon Marianne »(#9)) tout se lançant dans une carrière solo récompensée par un hit mémorable avec « Can’t Take My Eyes of You » (#2), toujours composé par Bob Gaudio et produit par Bob Crewe. Mais en 1968, Frankie Valli et les Four Seasons, qui avaient pris un sérieux coup de vieux avec l’arrivée du rock psychédélique et l’explosion de la scène soul, tombent dans l’oubli.

Ils reviennent pourtant sur le devant de la scène quelques années plus tard. Cela commence par le hit inattendu de la chanson « My Eyes Adore You », enregistrée par Frankie Valli en solo. Elle devient numéro 1 aux Etats-Unis durant l’hiver 1974 et Valli enchaîne avec « Swearin’ to God » (#6) au printemps 75. Flairant la bonne affaire, Warner Bros Records signe les Four Seasons et sort la compilation The Four Seasons Story qui s’écoule rapidement à un million d’exemplaires. Le groupe doit confirmer son come-back avec un nouvel album. Who Loves You sort en 1975 alors que le disco s’impose sur les radios. Parfaitement à l’aise dans ce style musical, les Four Seasons renouent avec les sommets grâce aux chansons « Who Love You » (#3) et surtout « December, 1963 (Oh, What a Night) » qui connait un succès fracassant et permet au groupe de décrocher son 5e et dernier numéro 1 aux États-Unis.

L’après « December, 1963 » ressemble à une gueule de bois. L’album Helicon sorti en 1977 fait un bide. La carrière solo de Frankie Valli décline aussi malgré un ultime hit avec « Grease » composé par Barry Gibb pour la bande originale du célèbre film avec John Travolta. La chanson se classe numéro 1 en 1978. Frankie Valli et les Four Seasons ne parviendront plus à revenir sur le devant de la scène par la suite malgré un joli coup marketing en 1984 avec le single « East Meets West » en duo avec The Beach Boys. Mais la légende est en marche. De nombreux artistes s’inspirent de leurs chansons (Billy Joel avec « Uptown Girl », Eric Carmen avec « Hey Deannie » ou encore Stephen Bishop avec « Animal House ») et le cinéma et la télévision utilisent abondamment leur œuvre. Puis le groupe devient le sujet d’une comédie musicale à succès à Broadway en 2005 puis à Londres en 2008 (lire la chronique du spectacle sur Yuzu Melodies) sous le titre Jersey Boys, un spectacle ensuite adapté au cinéma par Clint Eastwood en 2014.

Si Frankie Valli & the Four Seasons sont une institution aux États-Unis et en Grande-Bretagne, la notoriété du groupe est en revanche assez faible en France, sans doute parce que le répertoire du groupe a été systématiquement pillé par les artistes français (Claude François, Les Chats sauvage, Henri Salvador…) qui ont popularisé ses chansons dans l’Hexagone. Souhaitons que le film de Clint Eastwood leur apporte enfin la reconnaissance qu’ils méritent en France.


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Boris Plantier