Et si on allait à Buenos Aires ?

Dimanche 29 Novembre 2015

Interview. Julien Maillard vient de publier le guide Buenos Aires l'essentiel, aux éditions Nomades. L'occasion était bonne de s'entretenir avec lui pour en savoir plus sur la capitale argentine.


© Obelisco et Avenida 9 de Julio / Gobierno de la Ciudad de Buenos Aires - Buenos Aires l’essentiel de Julien Maillard - Éditions Nomades
© Obelisco et Avenida 9 de Julio / Gobierno de la Ciudad de Buenos Aires - Buenos Aires l’essentiel de Julien Maillard - Éditions Nomades
On entend souvent que Buenos Aires ressemble à une ville européenne.

Il est vrai qu’en posant le pied à Buenos Aires, le voyageur peut avoir une impression « architecturale » de déjà vu dans certains quartiers de la ville : Madrid sur l’avenida de Mayo, Paris à La Recoleta… Mais il est vite rattrapé par la réalité, nous sommes bien en Amérique du sud !

Beaucoup de touristes viennent à Buenos Aires par amour pour le tango. Est-ce que cette danse et cette musique sont toujours vivantes dans la culture argentine ?

Le tango n’est pas simplement une danse et une musique pour les touristes ! C’est une culture bien vivante. Il est possible de danser le tango dans les milongas à toute heure du jour et de la nuit. Par ailleurs, la nouvelle génération en réinvente les codes, notamment en le jouant de manière plus actuelle et en le dansant avec un style plus détendu.

En lisant le guide, on se rend compte que Buenos Aires est une ville d'art. C'est quelque chose que l'on sent tout de suite ?

Oui et non. Oui car il y a une vraie offre : Buenos Aires est la ville qui compte le plus de librairies et de théâtre dans le monde. Mais non, ce n’est pas forcément évident de prime abord car d’une part la culture reçoit moins de subvention qu’en Europe, elle est donc plus alternative et moins institutionnelle. D’autre part, et c’est sans doutes lié, il y a beaucoup moins de communication. Il est donc plus difficile de trouver l’information autour des spectacles, elle passe beaucoup par les réseaux et le bouche à oreille. Mais, dès que l’on fait l’effort et que l’on se connecte avec les porteños, on se rend compte que l’offre est infinie.

Le pays est fameux pour sa viande. Est-elle si bonne que cela ?

Ce n’est pas un mythe ! On trouve des parrillas – restaurants à viande - à tous les coins de rue, et n’importe quel événement donne lieu à un asado, un barbecue, en famille ou entre amis. Personnellement, on m’a déjà servi dans un restaurant un steak de… 1 kilo !

Et si on allait à Buenos Aires ?
Il n'y a pas si longtemps, il y avait une dictature en Argentine. En reste-t-il des traces à Buenos Aires ?

L’Argentine n’a pas encore tourné la page. Les procès de la dictature ont été ouverts avec les Kirchner il y a seulement une dizaine d’années, et régulièrement on annonce que les grands-mères de la place de Mai ont retrouvé un enfant disparu, enlevé à l’époque à des militants de gauche et donné en adoption à des cadres du régime.

Vous donnez, dans le guide, des adresses de boutiques de mode. Les amateurs de mode trouveront-ils un peu d'originalité et d'inédit à Buenos Aires ?

Buenos Aires fut inscrite par l’Unesco comme première ville mondiale du design. Les argentins ont un talent incroyable : ciné, théâtre, littérature, médecine, sports et bien sûr designers, notamment de mode… Alors qu’ils ne sont que 40 millions, leur savoir-faire s’exporte dans le monde entier. C’est bluffant. En mode, il existe de nombreux créateurs qui proposent des designs originaux dans de toutes petites boutiques.

Avec l'Euro fort, peut-on passer un séjour à moindre coût à Buenos Aires ?

L’Argentine est une destination relativement chère. Le logement et les repas sont raisonnables, je dirais comme en Grèce ou au Portugal, mais on est loin des prix asiatiques, par exemple. C’est désormais le cas dans toute l’Amérique latine.

On a beaucoup parlé de la crise économique en Argentine. Cela a-t-il eu une conséquence sur l'insécurité ?

Buenos Aires est une grande ville de 15 millions d’habitants, 3 +12 avec la banlieue. Comme dans toute métropole, il faut faire attention, et éviter certains quartiers. Pour le reste, on peut se promener à Buenos Aires sans crainte. D’une manière générale, Buenos Aires et Santiago sont bien plus sures que les autres capitales du continent.

Quand on s'offre un séjour à Buenos Aires, la tentation est grande de visiter aussi le reste du pays. Peut-on voir les grandes attractions du pays en 2 ou 3 semaines ?

L’Argentine est grand comme 5 fois la France, difficile donc de tout voir ! En 2 semaines on peut voir beaucoup de choses, mais 3 semaines c’est idéal. Parmi les incontournables, ne pas manquer les chutes d’Iguazú, les plus belles du monde. Le Nord-Ouest Argentin est mon coup de cœur. C’est une région de moyenne montagne, avec des vignobles, des villages authentiques, des déserts… c’est splendide. Il existe également Mendoza et sa route des vins. Enfin, plus au sud, il y a la mythique Patagonie : Bariloche avec ses forêts, Valdés si l’on souhaite rencontrer les baleines, Ushuaia et le bout du monde, El Calafate avec le glacier Perito Moreno. Si on aime le trekking, on peut combiner cette destination avec El Chaltén ou Torres del Paine. Cela dépend beaucoup de ce que l’on vient chercher en Argentine !

Un climat agréable est un élément important pour un séjour réussi. Quelle est la meilleure période pour visiter Buenos Aires ?

Buenos Aires est ensoleillé toute l’année ! L’hiver est doux, autour de 15 degrés, et l’été est très chaud et humide, avec plus de 30 degrés. L’idéal c’est l’intersaison : mars à mai et octobre à décembre.


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Boris Plantier