Deodato au New Morning (Paris)

Mercredi 21 Mars 2007

Évènement au New Morning le jeudi 15 mars 2007. Eumir Deodato est en effet venu y donner le premier concert français de sa pourtant déjà longue carrière dans le cadre du festival « Groove’n’Funky Anniversary ».


Deodato au New Morning (Paris)
La soirée a commencé avec une première partie de qualité offerte par le quatuor Sugar Soul qui a su conquérir le public avec un jazz fusion un peu hypnotique, dopé par un percussionniste qui apporte la touche d'exotisme qui fait la différence avec d'autres formations du même genre.

Puis sur le coup de dix heures, Eumir Deodato entre en scène. Vêtu d'un costume blanc, le musicien brésilien se montre simple et amical et après avoir salué le public, il va s'asseoir derrière son synthé. Il est accompagné d'un bassiste et d'un batteur. Avec cette formation réduite (pas de guitare ni de cuivres), la musique de Deodato devient plus directe. Le synthé au son très Fender Rhodes doit assurer seul la partie mélodique alors que la section rythmique tourne à plein régime. Le jazz-rock du Brésilien parait donc plus agressif que sur les disques, c'est purement funk. Hormis quelques titres bossa-nova dédiés à Jobim (Deodato a travaillé avec ce grand chanteur-compositeur qui aurait eu 80 ans s'il vivait encore), la playlist de ce soir n'est composée que de morceaux issus des deux albums les plus connus de Deodato (Prelude et Deodato 2). On retrouve donc « Rhapsody In Blue », « Also Sprach Zarathurstra », « Carly And Carole », « Skyscrapers » ou encore l'obsédant « Super Strut ».

Entre chaque morceau, Deodato fait l'effort de parler avec le public, s'amusant même à faire chanter le public en s'improvisant chef de chorale, avant de retourner s'asseoir derrière son synthé et de fouiller dans ses partitions pour en sortir la bonne. S'agit-il d'une sorte de rituel ou l'artiste a-t-il oublié de classer ses partitions avant d'entrer en scène ? Ce qui est sûr, c'est qu'il est éblouissant de dextérité. Il semble jouer avec une certaine nonchalance mais les notes fusent et sa complicité avec le bassiste donne quelques bons moments comme ce dialogue synthé/basse plein d'humour sur « Super Strut ».

Il paraîtrait que cette tournée de Deodato est un test et, qu'en cas de réussite, une autre tournée, avec un groupe plus complet, pourrait suivre. A n'en pas douter le public parisien a donné satisfaction et, si la rumeur est fondée, il reverra rapidement le musicien brésilien sur scène. En effet, l'enthousiasme était bien présent dans cette petite salle mythique du New Morning à l'image de ce fan surexcité qui ne veut pas que le concert s'achève et réplique à Deodato qui annonce qu'il va bientôt falloir dormir un « On veut pas dormir, Eumir » qui sera reprit en coeur par le public. Et ça marche, le musicien revient derrière ses claviers sans se donner la peine de repasser par sa loge. Pour ce rappel, il s'attaque à deux titres déjà joués plus tôt mais difficile de lui en vouloir, quel meilleur titre que « Super Strut » aurait-il pu trouver pour achever ce concert mémorable : le premier donné par Deodato en France !


© Boris Plantier