Dawn Landes : « J’ai parfois l’impression d’être née trop tard »

Samedi 7 Juin 2014

Interview. La chanteuse folk américaine Dawn Landes vient de sortir Bluebird, son cinquième album solo. Elle nous parle de la conception et de l’enregistrement de cet album sur lequel on retrouve Norah Jones et évoque aussi son disque précédent sur lequel elle reprenait des chansons Yé-yé des années 60.


Vous avez grandi dans le Kentucky et vous vivez à Brooklyn, deux mondes qui semblent opposés. Où vous sentez-vous le plus chez vous ?

Dernièrement, là où je me sens le plus chez moi, c’est sur la route. Mais dès que j’arrive dans le Kentucky, je me sens dans un univers familier et d’une certaine manière, j’éprouve un sentiment de sécurité.

En 2012, vous avez enregistré l’EP Mal Habillée en français. Il s’agit là d’une expérience très rare pour une chanteuse américaine. Pourquoi ce choix ?

Mon premier album est sorti sur un petit label français (Ocean Music) et j’ai effectué beaucoup de mes premières tournées en France, j’ai joué avec des musiciens français, je suis allée à des fêtes et des dîners avec des Français sans parler leur langue. J’ai commencé à écouter beaucoup de musique Yé-yé des années 60 et je suis tombée amoureuse de ces chansons et du son de cette musique. J’ai alors commencé à traduire un certain nombre de ces chansons et à les chanter. Ce fut une méthode d’apprentissage de la langue française en quelque sorte. J’ai ensuite décidé de vivre en France pour quelques mois afin d’apprendre la langue. Les chansons de Mal Habillée sont mes lettres d’amour à la France. Cela m’a beaucoup inspiré de vivre dans un nouveau pays et d’apprendre une nouvelle langue.

Mon ami et producteur David Stanke a pris l’avion pour venir de Paris à Brooklyn afin d’enregistrer les chansons avec moi, dans mon studio à New York. Nous avons invité quelques amis francophiles comme Matthew Caws (Nada Surf) et Tunde (TV on the Radio) à jouer et chanter sur l’album. Nous nous sommes bien amusés à faire ce disque.

En écoutant l’album Bluebird, j’ai ressenti de la mélancolie mais aussi une sensation de calme et la promesse d’un nouveau départ. Quel était votre état d’esprit lorsque vous avez enregistré ce disque ?

J’étais dans ce qu’on pourrait appeler une période de calme après la tempête, que ce soit dans ma vie ou dans mon écriture.

Dans Bluebird, on retrouve Norah Jones sur deux chansons. Comment l’avez-vous connue et comment se sont passées les sessions d’enregistrement ?

Je suis fan de la musique de Norah depuis longtemps et j’ai assisté à plusieurs de ses concerts donnés il y a longtemps, avant qu’elle connaisse le succès. C’est une musicienne incroyable et je suis très honorée qu’elle ait apporté un peu de sa magie à cet album. Les sessions ont été enregistrées rapidement. Je pense que nous n’avons fait que deux ou trois prises pour chaque chanson. Son interprétation était parfaite dès le départ.

Il y a des réminiscences de musique country sur Bluebird. Est-ce que cette musique est une source d’inspiration pour vous ?

J’ai toujours évité le terme musique country pour décrire ma musique mais j’utilise de plus en plus souvent le terme « folk ». Cela me convient mieux. Un certain nombre de mes interprètes préférés viennent de la scène country-folk et bluegrass. J’adore Skeeter Davis, Emmylou Harris, Dolly Parton et Jean Ritchie.

En tant qu’artiste folk, vous sentez vous proche de Joni Mitchell, James Taylor et tous ces auteurs compositeurs interprètes de Laurel Canyon à la mode dans les années 60-70 ?

Effectivement. J’ai parfois l’impression d’être née trop tard. Je me souviens avoir lu Shaky, l’autobiographie de Neil Young, et de m’être sentie triste de ne pas voir vécu cette période. Peut-être qu’elle va revenir… peut-être même est-elle déjà là.


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Boris Plantier