David Spero, une vie consacrée à la musique

Dimanche 24 Mai 2015

Interview. Ancien animateur de radio puis manager de musiciens tels que Joe Walsh (The Eagles), Yusuf alias Cat Stevens, Harry Nilsson ou encore Richie Furay (Buffalo Springfield), David Spero a eu la gentillesse d'évoquer sa carrière avec moi.


Racontez-moi vos débuts comme animateur radio quand vous n'aviez que 15 ans.

C'était une telle époque en terme de musique. L'explosion du rock britannique, Simon & Garfunkel, Van Morrison, Led Zep... Ils sont tous arrivés dans la même vague. Toute cette musique en si peu de temps. C'était un honneur pour moi de faire découvrir ces chansons à mes auditeurs.

En tant que DJ, aviez-vous le droit de choisir les chansons que vous passiez ?

Il n'y avait pas de playlist à l'époque où j'ai commencé à faire de la radio. En fait, quand j'en ai vu une pour la première fois, j'ai arrêté la radio. Je passais ce que j'avais envie de passer. Il est important d'avoir de bonnes connaissances en termes de musique, de connaître les chansons anciennes et les nouvelles chansons, parce que chaque chanson prépare la suivante. Cela permet de créer une atmosphère.

Dans les années 70, le paysage radiophonique a été bouleversé par l'avènement du disco. Quel souvenir gardez-vous de cette époque ?

J'ai arrêté la radio en 1973 pour commencer à manager des groupes. J'étais au studio Criteria à Miami avec le Michael Stanley Band et dans le studio d'à côté, les Bee Gees étaient en train d'enregistrer « Nights on Broadway ». J'ai trouvé que c'était un disque épatant et je le pense toujours.

Ecouter la radio n'est plus aussi excitant que ça l'était à l'époque. Qu'est-ce qui a changé ?

Il n'y a plus de passion. Les chansons sont choisies par un ordinateur.

Pourquoi être devenu manager ?

J'étais pote avec Joe Walsh à l'époque où il faisait partie du James Gang. Il commençait à bien marcher et je lui ai dit que je voulais arrêter la radio et il m'a dit que je devrais apprendre à devenir manager comme ça je pourrais m'occuper de sa carrière. Il m'a envoyé à Los Angeles pour apprendre auprès de son manager Irving Azoff. J'ai eu le droit à un cours intensif puis Joe m'a présenté à Michael Stanley et à Father Guido Sarducci qui sont devenus mes deux premiers clients. Des années après, j'ai reçu un coup de téléphone de Joe et nous avons travaillé 12 ans ensemble. Nous avons mis un terme à notre collaboration à la fin de la tournée Hell Freezes Over des Eagles.

Le métier de manager est assez obscur. Quel rôle jouez-vous dans la carrière des artistes dont vous vous occupez ?

Je dois jouer le rôle de l'avocat du diable pour tout, m'occuper des contrats pour les concerts, les enregistrements, le merchandising, l'édition, etc. Je recrute aussi les managers qui gèrent les tournées, les publicitaires, le personnel de sécurité... Tout ce qui concerne la carrière de mes artistes passe par moi.

Vous avez travaillé avec Harry Nilsson. Pouvez-vous me parler de lui ?

Ahhh Harry ! Chaque jour il me manque. Ringo Starr m'avait demandé de prendre soin de l'un de ses amis et cet ami, c'était Harry. Je l'avais interviewé une fois, à l'époque où je faisais de la radio, mais je n'étais pas resté en contact avec lui. Sa vie s'est arrêtée trop vite à cause de son mode de vie. C'est un type extra. Il projetait de se lancer dans sa toute première tournée quand il a eu cette crise cardiaque qui lui a été fatale. Il venait d'enregistrer un nouvel album et d'écrire son autobiographie. Aucune de ces deux œuvres n'a été éditée car c'est ce que souhaitait sa famille. J'ai gardé une copie de cet enregistrement et de ce livre et j'y suis très attaché.

Quels sont vos meilleurs souvenirs en tant que manager ?

C'est difficile de répondre à une telle question. J'ai tellement de souvenirs fabuleux que je pourrais en faire tout un livre. Le meilleur est sans doute de manager Cat Stevens, désormais connu sous le nom de Yusuf, pour son comeback. La tournée Hell Freezes Over des Eagles aussi et puis manager Richie Furay et être ainsi impliqué dans la tournée de reformation de Buffalo Springfield avec Neil Yount et Stephen Stills. J'ajouterais aussi les nombreuses tournée du Ringo Starr All-Starr Band et tous les moments que j'ai passé avec Dickey Betts et avoir été en studio avec Paul McCartney et Yusuf.


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Boris Plantier