David Sanborn au Bataclan (Paris)

Jeudi 19 Octobre 2006

L’événement de l’édition 2005 du JVC Jazz Festival de Paris était sans aucun doute la venue du saxophoniste star David Sanborn pour l’ouverture de cette manifestation. Très rare en France où son talent semble légèrement sous-estimé, l’artiste a enchanté le public parisien qui ne demandait que ça.


David Sanborn au Bataclan (Paris)
David Sanborn n'est pas apprécié à sa juste valeur en France, sans doute parce que le saxophoniste ne se cantonne pas au jazz traditionnel et va chercher son inspiration dans le blues, le funk et la pop. Du coup, les admirateurs de la superstar du sax ont pu se régaler en venant écouter le maître dans la petite mais sympathique salle du Bataclan.

En première partie, Moutin Reunion, un quartet emmené par les frères Moutin chauffe la salle avec du bon jazz comme on l'aime dans les petites caves enfumées du quartier latin. Louis Moutin est à la batterie, son frère François à la contrebasse, Rick Margitza au saxophone ténor et Pierre de Bethman au piano. En tout quatre titres pour un set d'une bonne demi-heure avec un hommage à Charlie Parker le temps d'un pot-pourri.

Après une petite pause, David Sanborn arrive enfin sur scène. Mince, tout de noir vêtu, le teint halé et le brushing légèrement grisonnant, David Sanborn est toujours aussi élégant. Le gentleman du sax est accompagné d'un groupe composé de Don Alias aux percussions, Mike Pope à la basse et à la contrebasse, Terreon Gully à la batterie et lexcellent Geoffrey Keezer aux claviers.

Le groupe enchaîne les morceaux, passant du jazz traditionnel à la pop ou au funk, voire même à la musique latine lorsque les percussions de Don Alias se font plus présentes, alors que David Sanborn fait admirer sa dextérité au saxo alto. Toujours au service de la mélodie, Sanborn ne joue jamais une note de trop et brille sans esbroufe. Un pur plaisir. On retrouve quelques titres des années 80, signés Marcus Miller, mais surtout des morceaux plus récents, souvent tirés de Closer, le dernier album de David Sanborn qui ne contient que des reprises comme « Tin Tin Deo » de Chano Pozo, « Senor Blues » de Horace Silver ou « Smile » de Charlie Chaplin.

Le public enthousiaste rappelle l'artiste qui interprète le superbe « The Dream », composé par Michael Sembello, avant un second rappel durant lequel le public est sollicité pour donner le rythme en tapant dans ses mains. La communion entre les musiciens et le public devient alors totale. Un grand moment de jazz fusion ! David Sanborn n'a pas déçu. On espère le revoir plus souvent à Paris.


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© Boris Plantier