David Foenkinos : "J’avais peur de tous les spécialistes de Lennon !"

Lundi 23 Juillet 2012

Interview. David Foenkinos a eu la gentillesse de répondre à nos questions à l'occasion de la sortie du livre Lennon en format poche dans la collection J'ai Lu. Il nous parle de John Lennon bien sûr mais aussi de son travail d'écriture pour ce livre un peu particulier puisque loin de se contenter de relater la vie de l'artiste, David Foenkinos a choisi de se glisser dans sa peau et de lui prêter ses mots.


David Foenkinos : "J’avais peur de tous les spécialistes de Lennon !"
Quel effet cela fait-il de se glisser dans la peau de John Lennon ?
C’était assez déstabilisant surtout de passer plus d’un an avec lui. Pour préparer le livre, qui est une vraie biographie, j’ai passé des mois à tout lire sur lui, à regarder toutes les interviews, et bien sûr à écouter sans cesse sa musique. J’avais l’impression de vivre près de lui.

Au-delà de l’intérêt que vous portez à John Lennon et à sa musique, qu’est-ce qui vous a poussé à écrire sur lui et à l’habiter ? Vous sentiez-vous proche de lui ?
Non, pas proche. Mais au-delà de la fascination pour son génie, c’est son histoire qui m’a passionné. Sa vie est un roman terrible. Je voulais de son enfance, ses souffrances. Et puis j’ai toujours aussi adoré l’histoire d’amour avec Yoko.

John Lennon était riche, célèbre, adulé et pourtant il semble ne jamais avoir été vraiment heureux. Est-ce ce paradoxe qui fait de lui un personnage si intéressant ?
Oui, bien sûr. Il a cherché toute sa vie à être apaisé. Et il y est parvenu quelques mois avant de mourir. Mais on voit en lisant le livre à quel point c’est une vie de souffrance. On peut difficilement se remettre d’une enfance aussi abîmée.

J’aimerais connaître votre point de vue sur Paul McCartney et Yoko Ono. Que pensez-vous de ces deux personnalités et de l‘influence qu‘elles ont pu avoir sur la vie de John Lennon ?
Paul, c’est la chance de sa vie. C’est la rencontre du siècle musical ! Ils sont devenus si complémentaires. Voulant s’épater mutuellement, ils sont allés très très haut. Après, on oublie qu’ils se sont rencontrés à 14-15 ans. Ça arrive souvent qu’on ne soit plus en phase avec nos amis d’adolescence. Une fois adultes, ils n’avaient plus du tout les mêmes aspirations. Quant à Yoko, elle a été tellement détestée. Mais je pense qu’elle a sauvé Lennon. Sans elle, il serait mort à 27 ans. J’en suis sûr. C’est aussi une très forte passion intellectuelle. Et une fusion magique.

Suite à la publication de ce livre, avez-vous reçu des retours de personnes qui ont connu John Lennon ?
Non. Mais les fans ont bien réagi vraiment. J’avais peur de tous les spécialistes de Lennon ! Et j’ai eu vraiment de bons retours.

L’histoire de John Lennon laissait peu de place à l’imagination. N’était-ce pas frustrant d’écrire ce livre pour un romancier ?
Si les faits sont vrais, tout le reste ressort de ma perception des choses. Au contraire c’était excitant d’essayer de se mettre dans sa peau.

Ne vous êtes-vous pas dit qu’en écrivant cette histoire avec les outils du romanciers, vous vous étiez peut-être approché plus près du vrai John Lennon que les rigoureux biographes qui ne se sont basés que sur des faits et des témoignages ?
Je l’espère. Ca me touche quand j’ai pu entendre dire : au bout d’un moment, on croit vraiment que c’est Lennon qui parle. J’ai tout fait pour être au plus proche de sa vérité. Mais cela demeure la mienne. Celle d’un fan absolu.


Lire notre chronique du livre Lennon de David Foenkinos


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Boris Plantier