Chicago : « Nous avons perdu l’énergie et la passion que nous apportait Terry Kath »

Samedi 14 Juin 2014

Interview. Membre fondateur de Chicago, Robert Lamm revient sur la carrière du groupe, parle de Terry Kath et présente NOW, le 36e album du groupe. Chicago sera en concert à l’Olympia le 26 juin 2014.


David M. Earnisse
David M. Earnisse
Les albums de Chicago des années 70 sont imprévisibles et anarchiques. Comment êtes-vous parvenu à créer cette incroyable atmosphère de folie joyeuse ?

Cette imprévisible et joyeuse saveur qu’ont les albums des années 70 vient du fait qu’ils ont été faits par un groupe de musiciens très jeunes et naïfs qui ont été encouragés à expérimenter et qui n’avaient rien à perdre. Elle vient aussi du psychédélisme, de moment d’improvisation libre, de la découverte de sons nouveaux … toutes ces choses nous ont beaucoup inspirés.

A l’opposé, les albums de Chicago des années 80 paraissent plus standardisés. Quelle est la cause de ce changement ?

Dans les années 80, la musique pop/rock a elle-même changé évidemment et, alors que notre groupe remportait un succès fou, nous avons perdu l’énergie et la passion que nous apportait Terry Kath.

Terry Kath est mort en 1978. Est-il toujours « présent » dans la vie du groupe et, à votre avis, qu’aurait-il pensé de la manière dont Chicago a évolué ?

En supposant qu’il n’ait pas quitté le groupe, l’évolution de Chicago aurait été radicalement différente de ce qu’elle a été. Je pense qu’il se serait emparé des technologies. Et bien évidemment, certaines chansons que nous jouons chaque soir, des chansons qu’il nous a aidé à composer, sont riches en souvenirs de lui.

De quel album de Chicago êtes-vous le plus fier ?

CTA parce qu’il est innovant. Chicago 5 aussi pour la diversité de ses compositions. Et Night & Day, notre album Big Band, parce que nous avons eu le courage de faire ce disque si singulier. Et puis NOW parce qu’il nous a permis de nous retrouver.

La section cuivre fait partie des atouts de Chicago. Est-ce que vous pensez à cela lorsque vous composez ou est-ce que les arrangements de cuivres se font une fois la chanson écrite ?

Je me suis rendu compte assez récemment que ce qui fait l’intérêt de la musique de Chicago, ce ne sont pas les chansons à proprement parlé mais plutôt les compositions. Lorsque j’écris une chanson, il y a toujours des passages pour les cuivres mais aussi pour des solos, et ce qui est tout aussi important, il doit aussi y avoir des moments sans cuivre. Les cuivres doivent entourer les vocaux et pas les couvrir.

Dans cet album, chaque membre du groupe a eu la liberté de superviser l’enregistrement et la production de ses propres compositions. NOW est-il une collaboration entre artistes ou un vrai travail de groupe ?

Vous devait garder en mémoire que les plus belles réussites de Chicago sont le fruit d’un travail collaboratif. Et en ce qui concerne cet album, les compositeurs avaient besoin d’être responsables de certaines décisions. Nous nous sommes donné la liberté de choisir la façon dont nous voulions enregistrer nos chansons.

Pouvez-vous m’en dire un peu plus sur ce système d’enregistrement mobile baptisé « the Rig » que vous avez utilisé pour enregistrer NOW ?

Pro tools HD, différents micros modernes et vintage, des casques Audio-Technica, système Hear Back de Hear Technologies… Le système fonctionne bien et, au fur et à mesure que nous avancions, nous avons progressivement réduit la taille du dispositif et nous l’avons parfait. A l’avenir, nous allons continuer à l’utiliser parce qu’il est efficace et intéressant.

Vous avez enregistré NOW dans différents endroits, principalement dans des chambres d’hôtel. Est-ce que cela a eu un impact sur le son du disque ?

Notre expérience nous a montré que, en faisant un minimum attention au bruit ambiant, le fait d’enregistrer dans tous ces endroits n’a pas eu d’effets négatifs sur la qualité des enregistrements. Il faut garder à l’esprit que nous n’étions pas un trio qui enregistrait du Mozart, mais un groupe de rock.

Avez-vous eu l’occasion de tester vos nouvelles chansons en public et les jouerez-vous lors de votre concert parisien ?

Nous n’avons joué que deux de nos nouvelles chansons en public et nous jouerons ces deux chansons à Paris.


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Boris Plantier