Chic featuring Nile Rodgers au Trianon (Paris)

Samedi 25 Juin 2011

Nile Rodgers a redonné vie au légendaire Chic sur la scène du Trianon, le samedi 18 juin 2011. Il en a aussi profité pour interpréter quelques uns des grands succès qu’il a composé ou produit pour les stars de la pop et du funk dans les années 70-80. Inutile de préciser que le public parisien fut aux anges.


Chic featuring Nile Rodgers au Trianon (Paris)
Après un black out de trois minutes, Nile Rodgers est apparu seul sur scène pour faire un discours avant de convoquer un représentant français de sa maison de disque pour le traduire. L’occasion pour lui de parler des débuts de Chic, groupe phare des dancefloors disco qu’il avait fait passé pour un groupe français et d’évoquer ses récents malheurs. Il y a huit mois à peine, Nile Rodgers était frappé par une sale maladie dont on ne se remet pas toujours. Il avait alors du annuler la tournée européenne qu’il devait effectuer avec Kool & the Gang, remplacé au pied levé par Sister Sledge. Dans ces heures graves, il se demandait s’il pourrait un jour remonter sur scène et jouer de nouveau de la guitare. Miracle de la médecine contemporaine, Nile Rodgers nous est revenu en pleine forme pour faire danser le Trianon.

Tout a commencé très fort avec « Everybody’s Dance » alors que la scène est mitraillée par les stroboscopes, suivi de « Dance, Dance, Dance (Yosaw, Yosaw, Yosaw) ». Autour de Nile Rodgers, six musiciens tout de blanc vêtus et deux chanteuses. Puis l’atmosphère est devenue plus jazzy et mélancolique avec une version anglaise du hit japonais « Sukiyaki » en hommage à Bernard Edwards, co-fondateur et bassiste de génie de Chic, décédé lors d’une tournée au Japon il y a quinze ans. Ce fut le seul moment de recueillement de ce concert joyeux.

La machine dance se remit en branle avec le hit « I Want Your Love » avant que Nile Rodgers ne provoque l’enthousiasme du public avec deux de ses meilleures compositions, « I’m Coming Out » et « Upside Down », toutes deux écrites pour Diana Ross. La machine à hit était désormais définitivement lancée. Nile Rodgers enchaînait alors avec « He’s the Greatest Dancer »  et « We Are Family » composés pour Sister Sledge à la fin des 70s. Pour faire diminuer les palpitations cardiaques d’un public devenu incontrôlable, Nile Rodgers lance « Soup for One », un disco plus paisible tout en assurant le spectacle. Coiffé de dread locks et d’un bandana, il se ballade sur la scène en lançant ses irrésistibles riffs de guitare rythmique. Suivent « Like a Virgin » que Nile Rodgers avait produit pour Madonna puis l'instrumental « Chic Cheer » et « My Forbbiden Lover », parfaite illustration de ce que fut la funk sophistiquée de Chic.

Puis Nile Rodgers raconta avec beaucoup d’humour comment le producteur Claude Carrère vint le convaincre d’écrire une chanson pour Sheila (Sheila & B. Devotion). Ce fut « Spacer » que personne ne s’attendait à entendre ce soir là, avant « Thinking of You », un autre hit écrit par Nile Rodgers pour Sister Sledge, puis « Let’s Dance », le grand hit de David Bowie produit par Nile Rodgers, et chanté ce soir là par le batteur du groupe. L’occasion de remettre le feu au Trianon avant le dévastateur « Le Freak ». La scène fut alors envahie par une dizaine de danseurs déchaînés devant un Nile Rodgers, tout sourire, qui finit la chanson en signant des vinyles.

Le rappel débuta, sans surprise, sur « Good Times » et sa ligne de basse entêtante. Un « Good Times » de folie sur lequel une élégante joliment coiffée s’invita sur scène pour danser, un éventail à la main avant que Nile Rodgers ne se lance dans un rap old school à la façon de Sugarhill Gang qui construisit son légendaire « Rapper’s Delight » sur cette chanson de Chic. Le concert prit fin sur « Hangin’ », un morceau presque entièrement instrumental de Chic


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Boris Plantier