Charles Bradley à la Maroquinnerie (Paris)

Mercredi 13 Juillet 2011

La Maroquinnerie affichait complet le mardi 5 juillet 2011 pour la venue de Charles Bradley. Le fans de soul music parisiens étaient venus en nombre écouter la dernière trouvaille du label Daptone qui vient d’enregistrer son premier disque à l’âge de 62 ans.


Charles Bradley à la Maroquinnerie (Paris)
Tous sont debouts, serrés les uns contre les autres alors que dans la petite pièce à côté, on fait la queue au bar pour se désaltérer, un passage indispensable tant il fait chaud. Il faudra attendre une heure avant que les lumières s’éteignent et qu’entrent en scène les musiciens (un pianiste, un batteur, un bassiste, un guitariste et deux cuivres). Le groupe plante le décor avec trois instrumentaux soul/funk. Intérieur/nuit. Un petit club de Brooklyn. Arrive alors sur scène Charles Bradley qui commence son numéro avec « Heartaches and Pain », sa chanson la plus émouvante dans laquelle il évoque l’assassinat de son frère. Charles Bradley est un phénomène. Sa présence scénique est impressionante. Sa voix puissante et chargée d’émotions vous saisie les tripes d’autant que les mimiques et grimaces du chanteur montrent clairement qu'il vit et ressent ce qu’il interprète.

Les chansons issues de son seul et unique album se succèdent (« No Time for Dreaming », « Lovin’ You, Baby », « The World (Is Going up in Flames) », « How Long ») et sur chacunes d’elles, Charles Bradley se déhanche de manière suggestive et tombe à genoux à la manière de James Brown que Charles a immité sur scène durant de longues années. Et entre chaque chanson, il prend bien soin de remercier le public et de lui déclarer que sans lui il ne serait pas là ce soir. A mi-spectacle, alors que les musiciens se lancent dans un nouvel instrumental, Charles Bradley sort de scène et va se promener dans le public, serre des mains, prend des personnes dans ses bras. On se dit qu’il en fait souvent un peu trop et que c’est un cabotin de première, mais le show est une vraie réussite et son talent est indéniable. Les chansons reprennent de plus belle avec « This Love Ain’t Big Enough for the Two of Us », « In You (I Found a Love) » ou « Why Is It so Hard » sur lequel le chanteur dénonce l’injustice sociale aux Etats-Unis. C’est sur cette chanson qu’il quitte la scène. Le public l’acclame et en redemande jusqu’à obtenir deux nouvelles chansons en rappel : « Golden Rule » et une version soul inédite et très réussie du « Heart of Gold » de Neil Young.


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Boris Plantier