Booker T. Jones au New Morning (Paris)

Jeudi 5 Août 2010

Le jeudi 22 juillet 2010, le légendaire Booker T. Jones, leader du groupe Booker T. & the MGs et incontournable pianiste de session pour le label Stax, donnait un concert au New Morning.


Booker T. Jones au New Morning (Paris)
Lorsque l'on pense à Booker T. Jones, on évoque avant tout le groupe Booker T. & the MGs qui connut un grand succès dans les années 60 avec des instrumentaux dominés par l'orgue Hammond de Jones. Le plus célèbre d'entre eux est « Green Onions », un vrai standard de la musique soul mais il serait faux de résumer la carrière de Booker T. Jones à ce morceau. C'est sans doute la raison pour laquelle le musicien l'a joué en début de set. Inutile de préciser que le public a apprécié ce groove hypnotique toujours aussi efficace après tant d'années. Et difficile de ne pas être fasciné par le son fascinant de cet imposant instrument en bois qui rappelle les églises protestantes américaines et les parties psychédéliques des 60s. Au clavier, Booker T. Jones, les cheveux blancs sous son chapeau, ressemble à un vieux monsieur respectable tel qu'on en voyait dans les films américains des années 60. Il régale la salle avec ses classiques : « Potatoe Hole », « Hip Hug-Her », le tropical « Soul Limbo », le long et planant « Melting Pot », le très mélodique « Time Is Tight » et « Hang'Em High » qui servit de bande-son à un western de Clint Eastwood. Tous ces standards des 60s furent souvent joués de manière plus contemporaine car Booker T. Jones s'est entouré de jeunes musiciens à qui il a laissé beaucoup de liberté. Le batteur, excellent rappeur, a ainsi apporté une touche hip-hop à quelques uns des titres joués ce soir là.

A côté des titres de son répertoire, Booker T. Jones a aussi joué des chansons qu'il a enregistré en temps qu'accompagnateur. Il abandonne alors son clavier pour prendre sa guitare et chanter. Au programme, des classiques soul (« Hold On, I'm Coming », « Sittin' On The Dock Of The Bay », « I've Been Lovin' You Too Long », « Ain't No Sunshine ») et quelques bons vieux blues (« Born Under A Bad Sign », « Pretty Woman », « Take Me To The River ») sur lesquels les deux guitaristes du croisèrent le fer

Ce fut donc un véritable panorama de la musique noire américaine des années 60 à nos jours que Booker T. Jones a offert à un public enthousiaste. Le musicien a su transformer sa musique pour que celle-ci demeure moderne, montrant ainsi que soul, blues et rap font partie d'une seule et même famille, celle du rhythm and blues. Une démonstration intéressante alors que de nombreux musiciens contemporains du genre font le choix d'une interprétation rétro.

© Boris Plantier