Bobby Caldwell : « La plupart des gens qui m’écoutaient pensaient que j’étais noir »

Samedi 14 Février 2015

Interview. Le chanteur Bobby Caldwell revient sur sa carrière et nous présente son nouvel album, le très jazz After Dark.


Vous avez grandi dans un environnement baigné de musique. Quels souvenirs avez-vous de votre jeunesse ?

Mes parents étaient tous les deux dans le show business. J’ai grandi entouré de comédiens et de musiciens. Sinatra était notre artiste favori à la maison et j’ai appris à apprécier la façon dont Frank savait transmettre des émotions à une chanson. J’adorais aussi les Beatles. Avec l’argent que j’avais gagné en tondant des pelouses, j’ai acheté ma première guitare. Je m’asseyais dans ma chambre et j’écoutais les Beatles. Ensuite je jouais chacune de leurs chansons sur cette vieille guitare. Je garde un grand souvenir de cette époque, de mon enfance à Miami, en Floride.

Quels souvenirs gardez-vous de vos débuts dans les années 70 ?

La plupart des gens qui m’écoutaient pensaient que j’étais noir. Aujourd’hui encore, beaucoup de gens ne se sont pas rendus compte que j’étais blanc. Si vous regarder mon compte Twitter, vous pouvez vous en rendre compte en lisant les commentaires. Je me souviens qu’à mes débuts, il y avait des soirs où la foule devenait soudain incroyablement silencieuse en me voyant entrer sur scène. Les gens ne s’attendaient pas à voir un type maigre aux yeux bleus. A cette époque, le public ne voyait les artistes que lors des concerts ou à dans les émissions de télé de Dick Clark et d’Ed Sullivan. Vous ne vous faisiez connaître du public que grâce aux radios. A l’époque je rendu visite à de nombreuses stations de radio. Je me suis bien marré, c’était une expérience très marrante.

Votre nouvel album After Dark réunit des standards. Comment s’est fait le choix des chansons ?

J’ai une grande passion pour le grand répertoire de la chanson américaine. A cette époque, les chansons étaient composées dans un style qui peut sembler assez simple mais elles étaient terriblement efficaces. Les paroliers étaient capables de dire énormément de chose avec très peu de mots. Dans After Dark, j’ai mis un point d’honneur à réunir aux côtés de grands classiques, quelques chansons qui sont un peu moins connues et qui méritent d’être redécouvertes.

L’un de ces classiques est de vous. Il s’agit de “What You Won’t Do for Love”. Comment est née cette chanson ?

En 1978, j’ai signé mon premier contrat avec le label TK Records, dans le sud de la Floride. TK avait sous contrat KC & the Sunshine Band ainsi qu’un certain nombre d’autres artistes disco. Je suis allé en studio et, un an plus tard, j’ai fait écouter mon album aux dirigeants. Ils en voulaient plus alors je suis retourné au studio pour quelques jours et de ces sessions est sorti « What You Won’t Do for Love ». C’est une chanson qui ne m’a pas demandé beaucoup de travail. Tout s’est assemblé comme ça pour donner un résultat très agréable à écouter. Et la chanson continue d’être jouée. Je suis très reconnaissant à toutes ces générations d’auditeurs qui continuent à apprécier cette chanson.

Sur After Dark, vous chantez une version latino de “What You Won’t Do for Love”. Comment vous ai venu l’idée de cette transformation ?

Je voulais pouvoir interpréter cette chanson lorsque je donnais des concerts accompagné d’un grand orchestre. Le style latino me plaisait bien et a apporté une nouvelle jeunesse à la chanson. Il y a un grand musicien et arrangeur qui s’appelle Jesse Green et qui vit près de ma ferme dans le New Jersey. Il a pris en main le projet et il a réalisé des trucs vraiment très intéressants avec to ça.

Vous semblez très à l’aise lorsque vous chantez avec un grand orchestre. Est-ce que cela vous a obligé à changer votre façon de chanter ?

J’adore chanter avec un grand orchestre. Les vocaux doivent parfaitement s’adapter à la chanson. J’essaye de rester fidèle à l’esprit de chaque chanson et à ce que voulaient ceux qui les ont écrites.

Vous avez joué le rôle de Frank Sinatra dans la comédie musicale The Rat Pack is Back. Quels souvenirs gardez-vous de cette expérience ?

A cette époque, j’avais déjà sorti min premier album avec un grand orchestre, Blue Condition, et j’étais très satisfait du résultat. Et puis, un jour, j’ai reçu un coup de fil de l’icône de la pop, David Cassidy. Don Reno et lui s’étaient lancés dans la production d’un spectacle à Las Vegas et ils voulaient que je joue le rôle de Frank. Le spectacle a débuté durant l’été 1999 au Desert Inn que j’ai toujours considéré comme le joyau du Strip. Dans ce spectacle, il y avait un grand orchestre et bien sûr tous ces « personnages » que les gens aimaient et qui faisaient partie du Rat Pack. J’étais très honoré d’interpréter le rôle de Frank. Le spectacle a duré à peu près 18 mois. Et pour la petite histoire, j’ai rencontré mon épouse lors de l’une de ces représentations alors on peut dire que ce spectacle a eu un effet sur moi sur la durée.

Une autre de vos compositions a remporté un grand succès, ‘The Next Time I Fall ». Racontez-moi l’histoire de cette chanson ?

J’avais déjà écrit quelques chansons pour le groupe Chicago. « Next Time I Fall (in Love) » était une nouvelle démo et elle a atterri entre les mains de Peter Cetera au moment où il quittait le groupe pour se lancer dans une carrière en solo. Il aimait la chanson et voulait en faire un duo, ce qu’il a fait avec Amy Grant. J’ai été très honoré et la chanson a connu un très grand succès.

Le Japon est très sensible à votre musique et je sais que vous tournez souvent là-bas. Qu’est-ce que vous préférez au Japon ?

Le public japonais m’a adopté dès mon premier album et je l’aimerai toujours pour cela. Je vais là-bas une ou deux fois par an. La nourriture est fantastique ! Les Japonais éprouvent une grande fierté dans tout ce qu’ils font et cela s’étend aux détails les plus insignifiants. Je m’émerveille lorsque je vais dans leurs villes, dans leurs magasins et bien sûr dans leurs trains à grande vitesse. C’est un endroit merveilleux pour chanter et pour apprécier la culture et les gens.

Y a-t-il une chance de vous voir prochainement en Europe et plus particulièrement en France ?

J’adorerais venir en Europe ! Et la France, ce serait fabuleux ! J’espère que nous pourrons trouver un moyen d’aller là-bas. Si un promoteur me lit, pensez à moi.

Qui est Holly le bouledogue qui nous tient au courant de votre actualité sur votre site web ?

Mon épouse et ma belle-fille adorent les bouledogues. Holly était notre premier bouledogue. Elle est morte en 2008 et ça a brisé le cœur de ma femme. Après avoir vécu deux ans sans chien, nous avons pris Stella, un autre bouledogue. Contrairement à notre Holly adorée, Stella est une créature fougueuse et m’as-tu-vu. Elle a sa propre page Facebook mais elle n’a pas été très active sur mon site web ces derniers temps. Il faut que je lui en parle !


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Boris Plantier