Bernie Chiaravalle : « Michael McDonald a eu une énorme influence sur moi »

Samedi 17 Janvier 2015

Interview. Bernie Chiaravalle, guitariste attitré de Michael McDonald, vient de sortir l’album Hideaway Tales, un excellent album résolument westcoast. Il a eu la gentillesse de nous accorder une interview.


Vous avez grandi dans la région de San Francisco dans les années 60-70. Cela devait être le moment parfait pour découvrir la musique. Quels souvenirs gardez-vous de cette époque ?

Oui, c’était merveilleux de grandir dans la Bay Area à cette époque. J’ai grandi à Marin County, juste au nord de San Francisco. L’un de mes premiers souvenirs, c’est quand je me promenais dans mon quartier et que j’entendais des groupes répéter dans les garages. Je me souviens d’un guitariste qui s’appelait Stacy Accamazzo et qui est venu au milieu de la rue me montrer comment on jouait un accord barré. Ça a changé le cours de ma vie !

Il y avait un endroit appelé le Santa Venetia Armory dans lequel j’ai vu quelques groupes comme Paul Revere & the Raiders et Quicksilver Messenger Service. Je me suis aussi aventuré à San Francisco pour aller au Fillmore West voir The Grateful Dead, Quicksilver Messenger Service, Iron Butterfly ou au Winterland voir Stevie Wonder. C’est aussi au Winterland que j’ai vu les Doobie Brothers pour la première fois. A cette époque, Michael McDonald ne faisait pas encore partie du groupe.

Je me souviens aussi d’avoir enregistré dans un studio qui s’appelait The Church (L’église) à San Anselmo. C’est là que j’ai enregistré mon premier disque professionnel avec mon groupe The Logos. The Sons of Champlin avaient l’habitude d’enregistrer et de répéter là-bas. C’était vraiment l’endroit où il fallait être à cette époque.

La Bay Area était un vrai centre de créativité en ce temps-là et cela a contribué à faire de moi l’homme que je suis devenu.

Plus tard, vous vous êtes installé à Los Angeles. On a souvent opposé souvent les scènes musicales de San Francisco et de Los Angeles. Etaient-elles si différentes que cela ?

Oui, très différentes. La scène musicale de San Francisco était très décontractée. Un peu trop même parfois. Très franchement, j’étais enchanté de m’installer à Los Angeles quand le moment est venu. Je voulais travailler dans la musique et Los Angeles semblait être l’endroit où vos rêves pouvaient se réaliser. Je n’ai probablement jamais été aussi productif que durant les quatorze années que j’ai passées là-bas. C’est aussi au moment où je vivais et travaillais là-bas que j’ai eu la chance de pouvoir passer une audition pour intégrer le groupe de Michael McDonald. J’ai d’excellents souvenirs de Los Angeles.

Et désormais vous vivez à Nashville. Est-ce l’endroit où il faut être quand on est musicien ?

Nashville est formidable parce que car vous n’avez pas le sentiment d’être un petit poisson dans l’océan là-bas. On créé beaucoup de très bonne musique ici. Je pense que c’est un endroit parfait pour un compositeur. Je me suis fait d’excellents amis ici avec lesquels j’ai pu composer. Mais l’une des raisons pour lesquelles j’aime tant cette ville, c’est qu’ici vous pouvez être musicien et bénéficier d’une grande qualité de vie. C’était un endroit super pour élever mes enfants.

Quels souvenirs gardez-vous de The Logos et Page One, vos deux groupes ?

The Logos était mon premier vrai groupe. J’ai appris à jouer de la musique et à composer des chansons avec les Logos. J’avais dans ce groupe un excellent camarade : Jim Lovrien. On avait appris à bien jouer ensemble tous les deux. Cela me manque parfois de ne plus jouer avec lui. Notre premier batteur était Mitch Hinard. Il était vraiment génial. On avait l’habitude de répéter dans le garage de ses parents. Les Logos ont marqué la scène de Marin County mais après avoir passé près de dix ans ensemble, on s’est séparé.

John et moi avons ensuite rejoint Flavia Paulsen et Mike Morris qui avait déjà formé le groupe Page One. C’était un excellent quartet avec trois chanteurs-compositeurs. Nous avons écumé le circuit des clubs de la Bay Area. C’est avec ce groupe que je suis parti à Los Angeles. On a vécu de super expériences mais aussi des coups durs. Mais je les adore tous.

Michael McDonald a joué un rôle important dans votre carrière. Comment est-il ?

Je chéris ma relation avec Michael. Il a eu une énorme influence sur moi. Pas seulement en tant que musicien, chanteur et compositeur mais aussi en tant que personne. C’est vraiment un mec génial, très altruiste. Il est incroyablement généreux. Nous avons écrit de très nombreuses chansons ensemble. C’est un chanteur hors pair bien sûr mais c’est aussi un compositeur incomparable. Je suis très honoré qu’il ait fait le choix de composer et de travailler avec moi depuis toutes ces années.

Votre nouvel album Hideaway Tales contient des mélodies très accrocheuses. Vous attachez beaucoup d’importances aux mélodies ?

Oui c'est certain ! Une mélodie ou une progression d’accords, c’est par là que je commence l’écriture de mes chansons. Il m’arrive d’avoir une idée en tête pour les paroles ou un thème que je souhaite aborder au moment où je commence à écrire une chanson mais la plupart du temps, je cherche d’abord une mélodie qui m’inspire et après je pose des mots dessus.

De quoi vous inspirez-vous pour écrire vos chansons ?

Je puise mon inspiration dans plein de choses. Principalement dans la vie. L’amour et les chagrins d’amour bien sûr. Je m’intéresse aussi beaucoup à la politique et à la situation dans le monde. Il m’arrive aussi d’écrire des chansons sur mes amis et sur les différents événements dont je suis témoin. J’ai écrit des chansons pour mes enfants aussi. Et puis j’aime aussi inventer des choses, faire de la fiction.

Hideaway Tales est un album très homogène. L’avez-vous écrit et enregistré sur une courte période ?

Réaliser Hideaway Tales m’a pris 8 ou 9 mois environ. Tout s’est vraiment assemblé de manière très naturelle et c’est peut-être pour cela que l’album donne cette impression de fluidité.

Quels musiciens ont joué avec vous sur ce disque ?

J’ai joué moi-même de tous les instruments et j’ai aussi assuré les vocaux. J’ai juste reçu l’aide de Dan Needham qui joue de la batterie sur « Don’t Know What You Want » et de Vince Denham qui joue du sax sur « Through Every Window ». Tous les deux sont des musiciens incroyables !

Y a-t-il une chance pour qu’on vous voit sur scène en France ou en Europe dans un avenir proche ?

J’espère vraiment ! Il est très possible que je vienne avec Michael car il devrait sortir un nouvel album l’année prochaine.


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Boris Plantier