America au Casino de Paris

Vendredi 22 Avril 2011

Le mercredi 20 avril, America a fait salle comble au Casino de Paris pour le dernier show de sa tournée européenne. Une tournée un peu spéciale puisque le duo qui passe fréquemment par Paris fêtait là ses quarante ans de carrière.


America au Casino de Paris
Le public parisien s’est déplacé en nombre pour le 40e anniversaire de carrière du groupe America. Le groupe qui avait connu un passage à vide dans les années 90 se permet désormais de faire salle comble deux soirs de suite au Casino de Paris. Mais America ne semble pas avoir conquis de nouveaux fans pour autant. Le public présent ce soir-là est composé essentiellement de quadragénaires et de cinquantenaires. Autant dire des fans de la première heure, le cœur de cible de Nostalgie, la radio qui parrainait le concert.

Seule sur scène, la jeune chanteuse française Madjo assure la première partie. En s’accompagnant à la guitare sèche ou à la guitare électrique, Madjo interprète de jolies chansons folk d’une voix fragile, la plus notable s’intitulant « Leaving My Heart ». Un set de cinq chansons en anglais que les fans d’America semblent avoir apprécié.

Après une vingtaine de minutes supplémentaires, les lumières s’éteignent et America entre en scène alors que défilent derrière eux des images d‘archives du groupe. L’ex-trio devenu duo à la fin des années 70 est accompagné de trois musiciens (un batteur, un bassiste et un guitariste). Au centre de la scène, guitare acoustique en bandoulière, Gerry Buckley et Dewey Bunnell attaquent leur répertoire avec « Tin Man », « You Can Do Magic », le moins connu « Oldman Took » puis « Don’t Cross the River », « Daisy Jane » et « Wind Wave ». On retrouve dans ces quelques chansons tout America. Le folk rock californien de Dewey Bunnell et la pop sophistiquée et très british, du multi-instrumentiste Gerry Buckley.

Après cette première partie de spectacle, le groupe célèbre ses quarante ans de carrière en interprétant la moitié de son premier album, paru en 1970 : « Riverside », « Three Roses », « Rainy Days », le hit « I Need You » et « Here ». Il souffle alors sur le Casino de Paris un vent de liberté, une douce brise venue de la Californie du début des années 70, chargée de paix, d’amour et de bonheur. Le public applaudit ce duo, guère charismatique, mais de grand talent. Suit le classique « Ventura Highway » alors que sont projetées des images de la célèbre route californienne, avec de belles voitures, des surfeurs et de vieilles images du groupe. Pas de doute, les Beach Boys font partie des références d’America au même titre que les Beatles ou Crosby, Stills, Nash & Young. Le groupe enchaîne avec « Chasing the Rainbow », « Hollywood », « Survival » et « The Border », des chansons que l’on connaît moins, avant d’entamer la dernière ligne droite, jalonnée de hits. Tout commence avec « Woman Tonight » et « Only in Your Heart », puis les musiciens évoquent avec bonheur leurs années d’adolescence à Londres à écouter des groupes tels que les Beatles, les Rolling Stones, Pink Floyd, Buffalo Springfield ou encore les Beach Boys. Pour évoquer en musique, ces belles années Buckley et Bunnell reprennent « California Dreamin’ », le standard de The Mammas & the Papas qui reçoit une belle ovation. Puis viennent « Lonely People », « Sandman », joué de manière très rock avec des riffs de guitare que l’on pourrait qualifier de psychédéliques, puis « Sister Golden Hair » irrésistible hit west-coast qui fait bondir le public de son siège. Il s’agit de la dernière chanson du set. Le groupe quitte la scène puis revient vite pour interpréter le légendaire « A Horse with no Name » avec Madjo dans les chœurs. Le public apprécie, évidemment, et exige un second rappel. Il sera entendu. N’ayant rien prévu, America improvise un boogie intitulé « She’s My Dream Come True ». Jamais America n’avait sonné aussi rock’n’roll !


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Boris Plantier